La diffusion d’une vidéo montrant une femme condamnée à une flagellation publique à Sebha, dans le sud de la Libye, a provoqué une vive émotion dans le pays et au-delà. Les images, filmées le 21 juillet 2026 puis largement relayées sur les réseaux sociaux, montrent l’exécution d’une peine de 100 coups de fouet prononcée par un tribunal pénal à l’encontre d’une femme reconnue coupable de « zina » – terme juridique désignant les relations sexuelles hors mariage dans le droit libyen.
Selon les éléments diffusés, la sentence a été exécutée sur la voie publique par un agent de la police judiciaire, après lecture d’une décision attribuée au tribunal pénal de Sebha. La présence de passants et de véhicules des forces de sécurité sur les lieux a renforcé l’impact de ces images, suscitant une vague de réactions de la part d’organisations de défense des droits humains et d’une partie de l’opinion publique.
L’indignation s’est exprimée à plusieurs niveaux. Pour certains observateurs, c’est avant tout le caractère public de l’exécution de la peine qui constitue une atteinte à la dignité humaine. D’autres remettent en cause l’existence même des dispositions pénales qui criminalisent les relations sexuelles consenties en dehors du mariage et autorisent des peines corporelles.
Face à la polémique, le Conseil supérieur de la magistrature libyen a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les circonstances dans lesquelles la scène a été filmée et diffusée. L’institution a rappelé que les décisions de justice doivent être exécutées conformément aux procédures légales, tout en soulignant que leur mise en œuvre doit préserver la dignité des personnes concernées et l’autorité de la justice. Plusieurs responsables auraient été suspendus dans le cadre de cette enquête.
L’affaire remet également en lumière le cadre juridique en vigueur en Libye. Le code pénal continue de sanctionner les relations sexuelles hors mariage, une infraction passible de la flagellation ainsi que de peines d’emprisonnement dans certaines situations. Des organisations internationales, dont Human Rights Watch, dénoncent régulièrement ces dispositions qu’elles jugent incompatibles avec les normes internationales relatives aux droits humains, estimant qu’elles portent atteinte aux libertés individuelles et aux droits des femmes.
Au-delà de cette affaire, la séquence illustre les profondes divisions qui traversent la société libyenne autour des questions de morale publique, du rôle de la justice et de la protection des libertés individuelles. Si certains défendent l’application stricte des lois en vigueur, d’autres appellent à une réforme du cadre législatif et à une meilleure protection de la dignité des personnes lors de l’exécution des décisions judiciaires.