L’Algérie a engagé des discussions avec ses partenaires européens pour revoir les conditions de vente de son gaz. Dans un contexte marqué par des tensions sur les marchés énergétiques et une hausse des cours à l’échelle internationale, les autorités algériennes envisagent d’ajuster les mécanismes de tarification applicables au gaz acheminé par gazoduc ainsi qu’au gaz naturel liquéfié (GNL). Cette démarche vise à améliorer les revenus liés aux exportations, tout en renforçant la position du pays sur le marché européen.
Des négociations en cours avec l’Italie et l’Espagne
Selon des informations rapportées par la plateforme spécialisée Attaqa, des pourparlers sont en cours avec des partenaires européens pour augmenter les volumes livrés. Toutefois, cette hausse des quantités serait conditionnée par une révision des prix actuellement appliqués. L’Algérie souhaiterait appliquer une augmentation comprise entre 15 % et 20 % sur les volumes supplémentaires négociés.
Ces discussions interviennent dans un contexte particulier. Des perturbations affectant certaines sources d’approvisionnement, notamment en provenance du Golfe, poussent plusieurs pays européens à se tourner vers des fournisseurs alternatifs. Par conséquent, cette situation offre davantage de marge de manœuvre aux exportateurs traditionnels.
Des pourparlers avancés seraient en cours avec l’Italie et l’Espagne. Du côté espagnol, la reprise par Madrid des importations de gaz naturel liquéfié en mars 2026, après une interruption de trois mois, relance les échanges. En ce qui concerne l’Italie, l’Algérie couvre près d’un tiers de la consommation gazière du pays. En conséquence, la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, doit effectuer un déplacement en Algérie cette semaine, dans l’objectif de consolider les relations énergétiques et d’examiner de nouvelles options d’approvisionnement, notamment en gaz naturel liquéfié.
Par ailleurs, la hausse des prix du gaz en Europe constitue un élément déterminant. Ces dernières semaines, les cours ont dépassé les 70 dollars par mégawattheure, ce qui incite les producteurs à revoir leurs contrats. En parallèle, les acheteurs semblent plus enclins à accepter des conditions plus strictes pour garantir leurs approvisionnements.
Des exportations en progression
Sur le plan de la production, l’Algérie cherche à utiliser pleinement ses capacités de liquéfaction, estimées à plus de 25 millions de tonnes par an. Cette stratégie vise également à compenser le recul enregistré en 2025, où les exportations de gaz liquéfié ont diminué d’environ 18 %. Pour inverser cette tendance, le pays mise sur l’amélioration du rendement des installations et sur les niveaux de prix actuels.
Les données disponibles montrent d’ailleurs une progression des expéditions au début du mois de mars. Plus de 462 mille tonnes ont été exportées durant les deux premières semaines, contre environ 265 mille tonnes sur la même période en février. Qui plus est, les autorités envisagent de diversifier les destinations de certaines cargaisons, en se tournant vers de nouveaux marchés, y compris dans le monde arabe, afin d’anticiper d’éventuelles perturbations des flux.
Dans le paysage énergétique européen, l’Algérie reste l’un des principaux fournisseurs de gaz par pipeline. En février, elle représentait environ 22 % des importations, derrière la Norvège qui en assurait plus de la moitié.
Les perspectives restent néanmoins liées à l’évolution du contexte international. Une éventuelle accalmie sur le plan géopolitique pourrait entraîner un repli des prix, ce qui pousse les producteurs à accélérer les négociations en cours. Dans ce cadre, l’Algérie semble vouloir tirer parti de la conjoncture actuelle, en ajustant à la fois ses volumes exportés et les conditions tarifaires.