Etoile du Sahel : Décès de Hassan Mehri

L’ancien joueur et entraîneur de l’Etoile sportive du sahel, Hassan Mehri, l’une des grandes figures de l’âge d’or du ballon rond local, s’est éteint mercredi. Pour le défunt, le football n’était jamais une simple discipline sportive : c’était une école de vie fondée sur l’éthique, une véritable vocation éducative, et un attachement profond au terrain comme à son tissu social. Après plus de trente ans passés entre les pelouses et les bancs de touche, la région du Sahel referme aujourd’hui un chapitre riche en souvenirs, celui d’un homme dont l’empreinte, à la fois sportive et humaine, continuera de se transmettre aux générations futures.

Tout commence dans les années 1960 : entre 1963 et 1967, le jeune Hassan Mehri enfile le maillot de l’Étoile Sportive du Sahel. C’est l’époque des stades modestes et d’un public au plus près des joueurs, une période où il côtoie des figures qui allaient marquer durablement l’histoire footballistique de Sousse. C’est là qu’il forge son sens de l’appartenance au maillot et son respect quasi sacré pour l’institution sportive — des principes qui ne le quitteront jamais, même longtemps après avoir raccroché les crampons.

Car pour lui, quitter les terrains en tant que joueur ne signifiait pas tourner la page du football, mais plutôt entamer une mission d’une tout autre ampleur. Dès le début des années 1970, il embrasse le métier d’entraîneur, qu’il exercera activement jusque dans les années 1990. Loin de se limiter à l’aspect purement tactique, sa méthode reposait sur trois piliers indissociables : repérer et former les jeunes talents dès leur plus jeune âge ; inculquer une discipline et un respect du maillot ne souffrant aucun compromis ; et surtout, façonner des personnalités et des citoyens avant même de façonner des footballeurs.

Cette vision, il l’a déployée dans plusieurs clubs de la région. À l’Amal Sportif de Hammam Sousse, il dirige l’équipe à diverses reprises durant les années 1970 et 1980, nouant avec les supporters une relation faite de respect mutuel qui dépasse largement le simple cadre des résultats. Au STIA de Sousse, il met à profit toute son expérience tactique pour bâtir une ossature technique solide. Au Makarem Al Mahdia, il prouve que son savoir-faire pouvait rayonner bien au-delà des frontières de Sousse. Enfin, à l’Olympique de Sousse, dans les années 1990, il poursuit son travail de fond en continuant d’injecter du sang neuf dans les rangs de l’équipe.

Son parcours a également connu une dimension internationale marquante, avec son intégration au sein du staff technique du club saoudien Al-Wahda, à La Mecque. Il y évolue aux côtés de figures légendaires de l’entraînement tunisien telles qu’Abdelmajid Chetali et Hédi Gurira— une aventure qui n’avait rien d’une simple parenthèse professionnelle, mais consacrait sa compétence technique et pédagogique, tout en portant haut les couleurs de l’école tunisienne d’entraînement jusque dans le Golfe arabe.

(D’après : Sousse Zmen)

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