Une ardente ambition de succès pour Chaâbani : Malgré des blessures persistantes et un corps exsangue

Après Lamouchi et Renard dont les noms ne resteront pas à coup sûr dans les annales du FB tunisien, cela avait tout l’air d’une pure évidence : sortir de la boite de Pandore un jeune technicien tunisien qui a suffisamment fait ses preuves tant sous nos cieux qu’ailleurs. Quelqu’un, certes généreusement servi par Dame Chance, mais qui a su viser la lune sans sans que cela lui fasse le moins du monde peur.
Mouine Chaâbani va de suite se coltiner les dures réalités d’un football africain qu’il n’avait jusque-là découvert qu’au niveau des clubs, d’abord avec l’Espérance, ensuite avec les Marocains de la Renaissance de Berkane.
Propulsé en 2017 et 2018 par un doublé à la tête des «Mkachkhas» en Ligue africaine des champions, le nouveau sélectionneur national jouit naturellement d’un préjugé favorable qui reste bon an mal an à mériter et à vérifier. Deux C1 consécutives ressemblent à un enchantement subi. L’ensemble de cet ouvrage demeure indiscutablement d’une réelle somptuosité. Et l’alchimie du succès, Mouine veut tout bonnement la transmettre aux Aigles de Carthage, très effacés et sans personnalité tout au long du Mondial nord-américain 2026. A cette impression de détresse qui se dégageait du corps inerte de la Sélection, silhouette irréelle d’inconsistance, le nouveau timonier des «Rouges» veut substituer un chant d’euphorie qui ne jaillirait pas comme cela, par enchantement. Le chantier s’avère colossal d’autant plus que les blessures sont persistantes et que le corps, vidé d’énergie, est exangue. Chaâbani se croirait en devoir de tout reprendre de nouveau, de partir de zéro.

Un copier-coller ?
Pourtant, deux premiers succès, le 24 septembre devant l’Ouganda et le 29 septembre contre le Bostwana pour le compte des éliminatoires de la prochaine Coupe d’Afrique des nations 2027 prévue au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, représenteraient une petite douceur saupoudrée de revanche sur le mauvais sort. Ce serait la confirmation que le nouveau manager du Club Tunisie n’est pas prêt à céder un pouce de terrain, sachant que notre groupe «H» comprend l’Ouganda, la Libye et le Botswana.  A peine deux mois après sa nomination, et quelques menues séances d’entraînement pour identifier les forces et -surtout- les faiblesses de l’effectif sur lequel il va compter, et voilà l’ancien sobre défenseur axial dans le feu de l’action.
Loin de nous l’outrecuidance de vous rappeler que la vie d’un sélectionneur est faite d’un fragile diagnostic et de précieux soins qu’on espère apporter dans l’urgence pour obtenir le breuvage le plus délicieux qui soit. Autant dire que le temps va cruellement manquer à l’ancien stratège de la RS Berkane.
D’ores et déjà, une certitude : Chaâbani est conscient que le football tunisien ne dispose pas de la qualité du potentiel humain qu’il vient de connaître du côté du Maroc ou bien avant, de l’Égypte, ni des moyens logistiques et infrastructurels de ces deux pays. Il doit en première intention lutter contre les stéréotypes et préjugés, tout en faisant la part belle aux footballeurs du cru, longtemps ignorés, voire snobés au bénéfice des expatriés et binationaux. Mais gare aussi aux «samsaras» et intrus qui font tranquillement la pluie et le beau temps. S’il n’y prend garde, Chaâbani risque de «produire» un copier-coller de ses prédécesseurs de triste mémoire.
Ce serait regrettable de tomber ainsi de Charybde en Scylla en espérant échapper à un danger pour être confronté à un péril plus grand encore. Car notre cher «Mountakhab» géré dans la confusion et l’approximatif croule d’abord sous la chape de plomb de ses premiers responsables.

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