Les marchés pétroliers ont enregistré une correction brutale, mercredi 25 mars, sous l’effet d’une accalmie diplomatique inattendue au Moyen-Orient. Les cours du brut ont abandonné plus de 4 % en séance, effaçant une grande partie des gains accumulés ces dernières semaines. Ce mouvement traduit un relâchement des craintes liées aux perturbations des approvisionnements dans une région stratégique.
À 3 h 35 GMT, le Brent de la mer du Nord cédait 4,17 dollars, soit une baisse de 4 %, pour s’établir à 100,32 dollars le baril. Parallèlement, le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, reculait de 3,11 dollars (−3,4 %) à 89,24 dollars le baril. En début de journée, les deux indices étaient même tombés respectivement à 97,57 dollars et 86,72 dollars, amplifiant le mouvement de repli. Cette évidence contraste avec la séance précédente, où les deux benchmarks avaient bondi de près de 5 % dans un marché secoué par une volatilité extrême.
Une accalmie diplomatique aux effets immédiats
Ce revirement s’explique par l’avancée des pourparlers entre Washington et Téhéran. Les États-Unis ont en effet soumis à l’Iran une proposition en quinze points visant à désamorcer le conflit. D’après les informations relayées, ce plan prévoit le démantèlement du programme nucléaire iranien, l’abandon du soutien aux groupes armés régionaux ainsi que la réouverture du détroit d’Ormuz. Par ailleurs, la chaîne israélienne Channel 2 a fait état de pressions américaines pour instaurer une trêve d’un mois, destinée à faciliter la poursuite des négociations. Dans cette même dynamique diplomatique, le Premier ministre pakistanais a proposé d’accueillir une rencontre directe entre les deux parties.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième des approvisionnements mondiaux de gaz et de pétrole brut, se trouve au cœur des tensions. Depuis plusieurs semaines, les hostilités perturbaient gravement le trafic maritime. En réaction, l’Arabie saoudite avait accru ses exportations via le port de Yanbu, sur la mer Rouge, atteignant près de quatre millions de barils par jour la semaine dernière. Cet ajustement logistique avait permis de compenser partiellement les incertitudes pesant sur les voies habituelles.
En dépit des espoirs suscités par les tractations, les frappes militaires se sont poursuivies dans la région, et des sources font état d’un prochain renforcement de la présence militaire américaine. Toutefois, les investisseurs ont privilégié les signaux diplomatiques, reléguant au second plan les risques persistants. L’Iran a d’ailleurs informé les instances onusiennes que les navires non hostiles pourraient emprunter le détroit à condition de se coordonner avec les autorités iraniennes, une déclaration interprétée comme une ouverture.
Des facteurs techniques renforcent le mouvement
D’autres éléments ont accentué la tendance baissière. Aux États-Unis, les données de l’American Petroleum Institute ont révélé une hausse des stocks de brut, d’essence et de produits distillés. Cette accumulation, qui traduit un ralentissement de la demande intérieure, a renforcé les signaux d’un marché moins tendu. Qui plus est, l’augmentation des exportations saoudiennes via la mer Rouge a conforté les opérateurs dans l’idée que les chaînes d’approvisionnement pouvaient s’adapter aux blocages potentiels.
En conséquence, le Brent et le WTI ont effacé en quelques heures une part substantielle des primes de risque accumulées depuis le début du conflit. La volatilité reste cependant élevée, car chaque inflexion dans les négociations ou tout regain d’hostilités pourrait inverser la tendance. Pour l’heure, les opérateurs parient sur une désescalade durable, tout en surveillant de près l’évolution des stocks américains et les capacités de redirection des flux pétroliers.
Fléchissement des prix du brut : Les espoirs de cessez-le-feu apaisent les marchés
Barrels of oil on the high seas, created with Generative AI technology