L’image a de quoi émouvoir, mais elle en dit surtout long sur un scandale qui ne veut pas dire son nom. À Bouderies, dans la délégation de Foussana, après de longues semaines d’attente et de souffrance des habitants, privés d’eau potable en pleine canicule étouffante et frappés simultanément par des coupures d’électricité à répétition, ce sont finalement les agents de l’armée nationale et de la Garde nationale qui sont intervenus pour distribuer de l’eau aux habitants. Une scène d’humanité qui résume à elle seule ce que signifie être aux côtés du citoyen dans les moments les plus difficiles.
Un geste louable, indéniablement. Mais derrière cette image de solidarité se cache une réalité bien plus amère, presque scandaleuse : celle d’une population abandonnée à son sort, contrainte de patienter des jours durant sans eau ni électricité, avant que ce ne soit l’armée — et non les structures censées assurer ce service au quotidien — qui vienne combler l’absence de l’État.
Car au-delà de l’élan humain de ces agents, salué à juste titre, la question demeure entière : jusqu’à quand les citoyens des régions intérieures, et de tant d’autres régions oubliées, devront-ils compter sur l’improvisation et la bonne volonté, faute de solutions structurelles et durables à une crise de l’eau et de l’électricité qui se répète, été après été, sans jamais trouver de réponse à la hauteur de la détresse vécue sur le terrain ?
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