Le secteur automobile tunisien s’apprête à recruter massivement. Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, a annoncé, mardi 23 juin à Tunis, en marge de la signature d’un partenariat majeur avec la Tunisian Automotive Association (TAA) et l’ANETI, tenue lors de la journée de partenariat « Formation, Insertion & Partenariat Automobile » , le recrutement de quelque 1700 demandeurs d’emploi et la programmation de 60 000 postes d’ici 2030 dans le secteur de l’automobile.
Cet événement de grande envergure a réuni les forces vives du secteur — décideurs publics, l’Association Tunisienne de l’Automobile (TAA), les partenaires européens et allemands (Union européenne, BMZ, GIZ) — autour d’un objectif commun : aligner les compétences des jeunes diplômés avec les besoins du secteur automobile.
Aujourd’hui, cette industrie est un véritable moteur de croissance pour l’économie nationale : elle compte plus de 280 entreprises (dont la moitié à capitaux étrangers et 65 % totalement exportatrices) et génère près de 90 000 emplois. Pour s’adapter aux mutations technologiques mondiales — notamment l’essor des véhicules électriques, hybrides et intelligents —, le ministère mise sur des formations ciblées. Une nouvelle spécialité dédiée aux moteurs électriques et hybrides sera d’ailleurs lancée dès la rentrée de septembre 2026. Cette stratégie s’appuie également sur le programme « Grands employeurs », initié en 2025, et sur la valorisation des entreprises partenaires via le label « Entreprise formatrice ». La présidente de la TAA, Mariem Elloumi, a rappelé que la qualification de la main-d’œuvre reste un levier de compétitivité crucial face aux besoins croissants du secteur.
De son côté, le Directeur général de l’Agence nationale pour l’emploi et le travail indépendant (ANETI), Hatem Dahmen, a expliqué qu’aujourd’hui le ministère et ses structures (ANETI, l’ATFP, le CENAFFIF) misent sur des politiques actives de l’emploi. Ils mettent leurs programmes au service des entreprises pour recruter des talents, et non plus simplement pour faire du recrutement de masse. L’accent est mis sur le travail décent, garantissant aux jeunes issus des centres de formation professionnelle (publics comme privés) des contrats solides et des conditions de travail optimales, créant ainsi une relation gagnant-gagnant avec des entreprises en quête de compétitivité pour booster leurs exportations.
Pour combler le déficit en qualifications et réussir l’intégration des nouvelles recrues, le ministère s’appuie sur son dispositif phare : la formation complémentaire. Ce programme offre plus de 600 heures de formation aux jeunes nouvellement recrutés au sein même des entreprises. Il permet la montée en compétences des jeunes et d’être immédiatement opérationnelles dans l’entreprise.
En clôture de cette journée, trois entreprises ont d’ailleurs reçu le label “Entreprise Formatrice”, en reconnaissance de leur rôle actif dans l’accueil des stagiaires et l’accompagnement de ces parcours de formation, consolidant ainsi un partenariat public-privé durable au service du capital humain tunisien.






