La BAD publie ses prévisions de croissance pour la Tunisie 

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La Banque africaine de développement (BAD) estime que la croissance économique tunisienne atteindra 2,8 % en 2026 et 3 % en 2027, après une expansion évaluée à 2,5 % en 2025. Ces chiffres sont issus du rapport « Performances et perspectives macroéconomiques de l’Afrique », qui dresse un état des lieux des économies du continent. Cette trajectoire s’explique par plusieurs évolutions conjoncturelles. L’inflation marque un ralentissement progressif. Le tourisme, secteur stratégique pour les recettes en devises, poursuit sa reprise. La production agricole bénéficie par ailleurs de conditions climatiques plus favorables après plusieurs années de sécheresse, à quoi s’ajoutent les programmes gouvernementaux de reconstitution des cheptels.

En plus de ces éléments, les investissements publics enregistrent une augmentation, notamment dans les infrastructures de transport. La productivité industrielle connaît également une hausse, portée par l’industrie du phosphate ainsi que par les exportations à plus forte valeur ajoutée des secteurs automobile et aéronautique. D’autre part, la BAD souligne que la Tunisie et le Maroc profitent de la tendance mondiale à la relocalisation des activités, en tirant parti de leur position géographique pour attirer de nouveaux investissements étrangers, particulièrement dans le secteur des énergies renouvelables.
Les flux d’investissements directs étrangers (IDE) en Tunisie ont progressé de 21,2 % pour s’établir à 936 millions de dollars. Par comparaison, le Maroc a enregistré une hausse de 55,4 %, avec des IDE atteignant 1,6 milliard de dollars. Parmi les projets annoncés figure celui du groupe TotalEnergies, qui prévoit d’investir 6 milliards de dollars dans les énergies renouvelables en Tunisie. En sus de ces investissements, la tendance au « friend-shoring » – soit la réorganisation des chaînes de valeur mondiales autour de partenaires jugés fiables – offre de nouvelles perspectives à l’Afrique. Le continent peut tirer parti de sa position géostratégique, de ses ressources naturelles et du processus d’intégration économique au sein de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Par conséquent, les investissements de portefeuille ont inversé leur tendance négative antérieure, marquant un regain d’intérêt pour les actifs africains.

Le rapport de la BAD appelle cependant à la prudence. Les prévisions ne prennent pas pleinement en compte les récentes tensions géopolitiques au Moyen-Orient, susceptibles d’influer sur les prix de l’énergie, les coûts de transport et les pressions inflationnistes. Au niveau régional, l’Afrique du Nord montre des signes de reprise, avec une croissance estimée à 4,1 % en 2025, contre 2,7 % en 2024. Qui plus est, cette progression devrait se poursuivre, avec des taux attendus à 4,2 % en 2026 et 4,4 % en 2027. À cela s’ajoutent toutefois des risques persistants liés à la dette, à l’instabilité géopolitique et au changement climatique. Ces éléments rendent nécessaires des réformes structurelles ainsi qu’un renforcement de l’intégration économique du continent.

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