Il y a des images qui valent mille discours. Celle que nous publions aujourd’hui en fait partie. Prise à la station principale de la Transtu à la Charguia — la station principale, insistons-y — elle dit, mieux que n’importe quel rapport officiel, l’état de délabrement dans lequel se trouvent certains de nos espaces publics les plus fréquentés.
Ce que l’objectif de Réalités Online capture n’est pas une scène exceptionnelle. C’est précisément là que réside le scandale. Le long de la bordure du trottoir, une traînée de détritus s’est installée comme à demeure, transformant l’abribus en véritable dépotoir à ciel ouvert. Gobelets usagés, sacs plastiques, emballages de carton écrasés : tout cela jonche le sol à quelques centimètres des pieds des passants qui attendent leur bus, résignés, comme si la saleté faisait désormais partie du décor.
L’arrêt lui-même n’est guère plus reluisant. Panneaux défraîchis, mobilier urbain en piteux état, environnement immédiat laissé à l’abandon : rien ici ne témoigne d’un quelconque souci d’entretien ou de respect des usagers. Et pourtant, nous ne sommes pas dans un quartier périphérique oublié des circuits de nettoyage. Nous sommes à la station principale d’un réseau de transport public qui dessert quotidiennement des milliers de Tunisois.
Cette image est un signal d’alarme. Elle met cruellement en lumière deux maux qui se nourrissent l’un de l’autre : l’incivisme persistant d’une partie de la population, prompte à transformer l’espace partagé en poubelle collective, et les défaillances criantes d’une gestion de la propreté publique qui peine visiblement à assurer le minimum. Entre celui qui jette et celui qui ne ramasse pas, c’est la dignité de tous qui en prend chaque jour un peu plus.
Il est temps que les autorités concernées — municipalité, Transtu et tout autre intervenant — cessent de se renvoyer la balle et prennent leurs responsabilités. Un espace public propre n’est pas un luxe. C’est un droit élémentaire, et le reflet de ce qu’une société pense d’elle-même.
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