La «démocratisation» des génocides

Les élections législatives israéliennes ont démontré clairement que toute la classe politique de l’entité sioniste vit au rythme de la vision du «Grand Israël», évoquée par les principaux candidats en faisant allusion à des frontières bibliques du temps du roi Salomon qui engloberaient la Cisjordanie et une partie des territoires libanais, syriens, jordaniens et égyptiens. Éminemment messianique, cette «vision» dangereusement expansionniste ne doit laisser personne indifférent. Les attitudes et les opinions s’exacerbent sur un brasier ardent. Les surenchères conceptuelles se sont multipliées dans une arène où se sont retrouvés tous les extrémistes. Le terme «Grand Israël» est devenu la gymnastique privilégiée des discours politiques et le sujet préféré des campagnes électorales. Le génocide à Gaza a invité cette vérité aux balcons de l’horreur. Fallait-il le dire ainsi, et à ce moment précis de la folie israélienne ? Absolument. Parce que cette vérité devrait être un antidote à l’un des périls de l’actuelle situation mondiale dirigée par les nouvelles forces du mal. Qui aurait cru qu’on pourrait un jour recommencer de brosser des portraits aussi impitoyables que ceux de Benjamin Netanyahu, Gadi Eisenkof, Bennett-Lapid, Yaïr Golan, Avigdor Liberman et la plupart des candidats à ces élections ? Des politiciens arrogants et vigoureux, également capables d’actions folles et de grands forfaits, intrépides dans les périls, féconds en idées apocalyptiques, éloquents et insinuants, mais sans foi et ne recevant la loi que de leurs ambitions politiques. Ce n’est pas nouveau, mais cela surprend chaque fois. L’histoire n’a pas manqué de révéler la complaisance, voire la complicité de l’Occident envers Hitler et Mussolini avant 1939. Un comportement ignoble qui a encouragé les industriels nazis et fascistes de la mort à transformer la fin de la première moitié du vingtième siècle en charnier avec ses millions de victimes. Et cela continue encore et encore. Sommes-nous en 1939 ou en 2026 ? Une question parfaitement rhétorique et la réponse est incluse : après cette aveugle complaisance occidentale envers les criminels de guerre sionistes, est-il possible d’éviter un nouveau charnier ?

Sous les yeux de tous les peuples du monde, la haine contre les civils palestiniens, écrasés par l’armée sioniste, et le soutien occidental aveugle au génocide incitent clairement les criminels de guerre à tuer :«Vous avez non seulement le droit mais le devoir d’avoir votre part de ce sang palestinien sur les mains», disait Netanyahu en s’adressant à une horde de colons enragés.

Dans cette «collectivisation» d’intimidations, dans cette «démocratisation» des tendances criminelles, dans ce permis d’imposer la loi du plus fort, l’entité sioniste apparaît, à travers le nuage brumeux de sa politique prédatrice, comme un torrent effrayant, aveugle, dans lequel crimes de guerre et génocides se contrebalancent sauvagement. Il ne fait plus de doute qu’il existe un lien entre les ambitions personnelles des candidats aux élections israéliennes et l’endossement de ce type de théorie criminelle. Ils paraissent constituer le catalyseur idéal du passage au génocide, car ils offrent un récit qui permet à la fois de justifier les crimes par le «droit de se défendre» et de suggérer qu’il n’y a pas d’autres moyens, étant donné l’existence des forces hostiles, que de recourir à des actions guerrières. Les acteurs de la terreur dans l’Histoire de l’humanité étaient toujours experts dans la manière de manipuler la haine pour commettre leurs crimes. «Les vices sont permis selon qu’ils sont utiles ou non au pouvoir», écrivait Machiavel, c’est-à-dire que les crimes de guerre et les génocides peuvent donner, actuellement, de «bons» chefs politiques israéliens !

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