Le CNCI face au spectre de la dissolution : l’UPICA sonne le tocsin

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L’Union professionnelle de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (UPICA) a tiré la sonnette d’alarme face aux récentes velléités du ministère des Affaires culturelles. Dans un communiqué sans concession publié ce mercredi 1er avril, l’organisation a dénoncé des projets de textes législatifs visant à supprimer ou fusionner plusieurs institutions publiques, dont le Centre national du cinéma et de l’image (CNCI), sous le prétexte d’une « rationalisation » jugée purement administrative et dénuée de vision réformatrice.
Pour les professionnels du secteur, le CNCI n’est pas une simple structure bureaucratique, mais un acquis démocratique majeur issu des luttes post-révolutionnaires. L’UPICA a rappelé que cette institution, créée par le décret n°86 de 2011, bénéficie d’une protection juridique spécifique : sa dissolution par un simple arrêté constituerait une violation flagrante de la hiérarchie des normes et un dépassement de pouvoir inacceptable.
Le diagnostic dressé par l’Union est celui d’une « destruction méthodique » de l’appareil cinématographique. Elle a pointé du doigt le gel délibéré des instances de décision du CNCI, le blocage des subventions à la production depuis avril 2025 et le report injustifié de l’activation du nouveau Fonds d’encouragement à l’investissement cinématographique, pourtant voté par les députés dans la loi de finances 2026. Cette situation d’abandon est illustrée par une instabilité chronique à la tête du Centre, qui a vu défiler sept responsables en quatre ans, et l’absence de cadres dirigeants clés depuis plus d’un an.
Face à ce qu’elle qualifie d’« inertie d’une administration profonde » hostile au changement, l’Union a appelé solennellement le président de la République à intervenir. Elle a réclamé le sauvetage urgent du CNCI. Pour les cinéastes, l’heure n’est plus aux demi-mesures : le cinéma tunisien ne peut plus survivre sous le joug de lois obsolètes datant de 1960 et d’une “gestion unilatérale” qui ignore systématiquement les propositions des experts du terrain.

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