Le ministère de l’Environnement a fourni des données sur la gestion des déchets en Tunisie. Le pays produit annuellement plus de 2,6 millions de tonnes de déchets. Par ailleurs, le taux de recyclage effectif ne dépasse pas 10 %. Cette situation place le secteur des déchets au centre de la politique climatique nationale. Cette politique s’inscrit dans la Contribution déterminée au niveau national (CDN) 3.0. Celle-ci fixe un objectif de réduction de l’intensité carbone de 62 % d’ici 2035, en comparaison au scénario de référence.
La stratégie nationale prévoit un dépassement du modèle actuel, lequel repose essentiellement sur la collecte et l’enfouissement. D’autre part, elle promeut la réduction à la source, le tri, la réutilisation et le recyclage. Qui plus est, la valorisation des matériaux récupérables est encouragée. Par conséquent, les déchets sont considérés non comme une simple charge environnementale, mais comme une ressource économique et énergétique potentielle.
La transition vers ce modèle circulaire nécessite plusieurs actions. En sus, le renforcement des infrastructures de collecte et de traitement est indispensable. À cela s’ajoute le développement des filières de valorisation. Par ailleurs, une implication accrue des municipalités, des entreprises privées et des acteurs industriels est requise. La Tunisie doit toutefois combler un écart considérable entre la production et la valorisation effective des déchets. Une partie importante des activités de collecte et de tri est actuellement assurée par des opérateurs informels. Enfin, la réalisation des objectifs de la CDN 3.0 dépend de la disponibilité des financements, des technologies et des partenariats internationaux. En plus, elle implique la mise en œuvre de réformes réglementaires et organisationnelles dans le secteur.
MBY