Sous l’égide de son Département des sciences humaines et sociales, l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beït al-Hikma, accueillera le 30 mai un colloque d’envergure intitulé « Récit, Histoire et Herméneutique : lectures des œuvres d’Amira Ghenim ». Orchestrée par le professeur Mohamed Mahjoub, cette rencontre promet de plonger au cœur du travail de l’une des voix les plus puissantes de la Tunisie actuelle, là où le document historique s’efface pour laisser place au souffle de la fiction.
La journée s’ouvrira par les interventions des professeurs Abdelhamid Henia et Mohamed Mahjoub, qui poseront les jalons conceptuels de ces analyses croisées.La première session scientifique, menée par le professeur Mohamed Elkadhi de l’Université de la Manouba, s’emparera des questions d’identité, d’histoire et d’écriture au féminin. Le célèbre roman “Le désastre des notables” servira de premier terrain d’exploration au professeur Mohamed Ben Mohamed Khbou, venu de l’Université de Sfax pour en disséquer l’identité narrative.
Dans sa continuité, le professeur Abdeljelil Bouguerra cherchera à cerner la frontière, souvent poreuse, entre la posture de l’écrivain et la vérité historique, avant que la professeure Dalila Chakroun ne vienne clore la matinée en analysant le double impératif du récit féministe, sans cesse tiraillé entre le devoir de documentation et la magie de l’imaginaire.
La seconde session, présidée par Abdelhamid Henia, élargira la perspective vers les dynamiques intimes des sagas familiales face aux tumultes de la grande Histoire. Le professeur Adel Khedher ouvrira le bal en explorant la structure du roman familial chez Amira Ghenim, suivi par le professeur Saïd Bhira, qui interrogera le subtil équilibre trouvé par la romancière entre faits réels et création romanesque. En guise de conclusion critique, le professeur Mohamed Mahjoub proposera une lecture herméneutique axée sur la réception de l’œuvre, conceptualisant la figure du « lecteur idéal » face à cette écriture dense.
Au-delà des analyses théoriques, le moment le plus attendu de la journée aura lieu en début d’après-midi. Romancière mais aussi universitaire rattachée à l’Université de Sousse, Amira Ghenim prendra elle-même la parole pour clore l’événement. Ce face-à-face, conçu comme un dialogue direct et ouvert avec ses pairs et le public, offrira une occasion rare d’écouter l’écrivaine décrypter sa propre fabrique littéraire. Un rendez-vous incontournable pour saisir toute la richesse d’une œuvre où la mémoire collective s’anime sous la plume de la fiction.