Bien que conservant son prestige immuable, le Derby de la capitale revêt cette saison une dimension tout à fait exceptionnelle. Il faut remonter loin dans nos mémoires pour retrouver une telle intensité dans la course au titre, mettant aux prises les deux géants du football tunisien : l’Espérance Sportive de Tunis, championne en titre en quête de son 35ème sacre, et le Club Africain, dont la soif de trophée n’a jamais été aussi ardente pour briguer un 14ème titre historique.
Ce choc, dont le coup d’envoi sera donné ce dimanche 10 mai à 16h00 au Stade Hamadi Agrebi de Radès, s’annonce comme une véritable finale avant l’heure, placée sous le slogan « ça passe ou ça casse ».
CA : Le rendez-vous avec l’histoire
Actuel leader avec deux points d’avance à seulement deux journées de la fin, le Club Africain aborde ce tournant historique dans une position de force comptable. Sous la houlette de Faouzi Benzarti, nommé en janvier dernier pour insuffler un esprit de gagneur, les Rouge et Blanc ont réalisé un parcours exemplaire malgré quelques irrégularités récentes, notamment le nul concédé face à l’AS Soliman. Pour les Clubistes, l’équation est simple : une victoire aujourd’hui face au rival de toujours scellerait définitivement le sort du championnat et ramènerait le titre à Bab Jedid après des années d’attente, de passion et de patience.
EST : L’obligation de rachat
Dans le camp des Sang et Or, la pression est à son paroxysme. L’ambiance à Bab Souika est lourde après la désillusion en Ligue des Champions de la CAF, où le club a été éliminé en demi-finale par les Sud-Africains de Mamelodi Sundowns (défaites 0-1 à l’aller comme au retour en avril dernier). Pour une armada de joueurs parmi les plus coûteux du continent, cet échec continental impose un rachat immédiat sur la scène nationale. Pour l’EST, seule la victoire compte : elle permettrait de reprendre la tête du classement au meilleur moment. Tout autre résultat plongerait le club dans une zone de turbulences majeures.
Techniquement, la rencontre s’affiche très équilibrée entre la discipline tactique de Benzarti et le besoin de rédemption des protégés de Patrice Beaumelle. Signe de l’importance capitale du match, c’est un trio arbitral autrichien, dirigé par Christian-Petru Ciochirca, qui officiera au sifflet pour garantir l’impartialité des débats. Dans l’arène bouillonnante de Radès, où chaque mètre carré sera disputé, la logique sportive s’effacera devant l’orgueil et la ferveur. Car dans un derby, rien n’est jamais écrit à l’avance.