L’Intersyndicale des professions médicales alerte sur la crise profonde du système du tiers payant

Réunie en urgence pour examiner une crise sectorielle qui s’envenimait, l’Intersyndicale des professions médicales a publié un communiqué syndical très ferme. Les structures représentatives y ont dénoncé les dysfonctionnements grandissants de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), et plus particulièrement les blocages liés au système du tiers payant. Le constat des professionnels de la santé a été sans appel : la pérennité du modèle d’assurance maladie tunisien a été jugée gravement compromise.

Les prestataires de soins du secteur privé — incluant les médecins libres, les médecins dentistes, les pharmaciens d’officine, les biologistes privés, ainsi que les représentants des polycliniques et des centres d’hémodialyse — ont fait part de tensions financières sans précédent.

Pendant plusieurs années, ces professionnels ont supporté de lourdes charges et ont subi des retards de paiement chroniques de la part de la caisse nationale. Si les prestations ont été maintenues jusqu’ici au nom du droit fondamental du patient à l’accès aux soins, l’Intersyndicale a prévenu que le seuil de tolérance avait été franchi. La capacité opérationnelle des structures de santé privées s’est retrouvée directement menacée, ce qui a mis en péril l’approvisionnement en médicaments ainsi que la continuité des services médicaux et paramédicaux.

Pharmaciens – CNAM : Un Bras de fer chronique

 

Pour l’Intersyndicale, le système du tiers payant ne représentait pas seulement un mécanisme financier, mais constituait le socle même de la justice sociale en matière de santé en Tunisie. Toute déstabilisation de ce dispositif a affecté de manière immédiate et disproportionnée les patients atteints de pathologies chroniques (Affections de Longue Durée) ainsi que les populations les plus vulnérables.

Le collectif a ainsi affirmé que la crise actuelle ne pouvait plus tolérer de nouvelles manœuvres d’atermoiement, de reports ou de solutions provisoires, mais qu’elle exigeait désormais des décisions claires et une vision de réforme globale.

L’appel solennel à un dialogue sérieux et responsable

Face à ce qu’elle a qualifié de politique de l’autruche, de déni et de déplacement de crise, l’Intersyndicale a appelé solennellement à l’ouverture immédiate d’un dialogue national sérieux et responsable avec l’organisme payeur. L’objectif affiché a été d’aboutir à des mesures concrètes et transparentes capables de lever l’état d’incertitude qui a plané sur le secteur.

Le front syndical s’est montré totalement uni. La position a été validée et signée conjointement par le Syndicat Tunisien des Médecins Libéraux (STML), le Syndicat des Médecins Dentistes (STMDLP), le Syndicat des Pharmaciens d’Officine (SPOT), le Syndicat des Biologistes Privés, ainsi que les chambres syndicales de l’UTICA représentant les polycliniques et les centres d’hémodialyse. Cette action conjointe a résonné comme un ultime avertissement avant que la crise n’atteigne un point de non-retour.

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