Depuis le mercredi 15 juillet, les écrans tunisiens ont lancé les projections de L’Odyssée, le nouveau film de Christopher Nolan, le jour même de sa sortie mondiale. L’histoire, les amoureux des mythes grecs la connaissent par cœur. Après dix ans de guerre à Troie, Ulysse n’a qu’un seul rêve : rentrer chez lui et retrouver sa femme et son fils. Mais entre lui et sa maison, il y a la mer, la colère des dieux, un Cyclope terrifiant, des Sirènes envoûtantes et une mystérieuse magicienne. Un voyage de dix ans raconté par Homère il y a près de trois mille ans et porté aujourd’hui à l’écran comme jamais auparavant.
Et ce n’est pas n’importe qui derrière la caméra. Christopher Nolan, c’est l’homme qui a signé Inception, Interstellar, The Dark Knight et Oppenheimer, qui lui a valu les Oscars du meilleur film et du meilleur réalisateur en 2024. Un cinéaste que le public adore et que les salles attendent, car chacun de ses films est un événement en soi. Alors, quand Nolan s’attaque au plus grand récit d’aventure de tous les temps, on se doute que le voyage vaut le détour.
Soyons honnêtes : mettre L’Odyssée en images, ce n’est pas une mince affaire. On parle de l’un des plus grands récits de toute l’histoire de l’humanité, une grande aventure, pleine d’événements qui s’enchaînent, de conflits humains, d’amour et de trahison, de guerre, de colère et de perte. Derrière les monstres et les tempêtes, un véritable voyage philosophique et existentiel.
Fidèle à sa réputation de perfectionniste du réel, Nolan a tourné son film avec une toute nouvelle technologie IMAX (un format de cinéma haut de gamme offrant une image plus grande et plus nette, ainsi qu’un son plus immersif que le cinéma classique), sur des décors naturels répartis dans plusieurs pays : la Grèce, l’Italie, le Maroc, l’Écosse, l’Islande, les États-Unis et même en pleine mer, avec de vrais bateaux affrontant de vraies vagues. Pas de fond vert : le feu est du vrai feu, l’eau également, et le spectateur ressent à chaque instant la dureté du voyage d’Ulysse.
C’est là que le film devient impressionnant, au vrai sens du mot. Chaque plan est composé avec une finesse rare, pensé pour te faire ressentir les choses plutôt que simplement les voir : l’immensité de la mer, la fureur des combats, le vertige des tempêtes, la solitude d’un homme minuscule face à des forces qui le dépassent. La caméra ne se contente pas de filmer l’aventure, elle t’embarque dedans. Et, s’il ne fallait retenir qu’un moment, c’est la rencontre entre Ulysse et le Cyclope : l’une des séquences les plus marquantes du film. Le monstre fait dix fois la taille d’un homme, et le résultat est aussi flippant qu’impressionnant. On se demande vite : comment diable Nolan a-t-il fait pour rendre cette créature mythique aussi réelle sur grand écran ?
Comme toujours chez Nolan, la technique est au service de l’émotion. La musique enveloppe le film et amplifie chaque tempête et chaque silence. Le montage donne au récit un rythme qui ne laisse aucun temps mort sur près de trois heures de film. Quant aux effets, Nolan a privilégié les effets pratiques et les décors réels plutôt que le numérique, ce qui donne aux monstres et aux tempêtes un poids et une présence.
L’Odyssée est le genre de film qu’on a envie de voir puis de revoir encore et encore, tant chaque vision révèle un nouveau détail. C’est un film où l’on voyage avec chaque plan : le soin apporté aux décors, la beauté des costumes, la lumière, le moindre détail à l’image, tout a été pensé pour t’emmener ailleurs.
Pour les amoureux de la mythologie grecque, c’est un rêve éveillé et, pour les autres, c’est une porte d’entrée idéale vers l’une des plus belles histoires.
Le film est déjà à l’affiche dans les salles de cinéma en Tunisie. Bon voyage vers Ithaque.
Khouloud Azzabi