De Nebeur à Sakiet Sidi Youssef, en passant par Tekrouna et Touiref, jusqu’au Jbel Touila… le feu ne pardonne pas. Une vague de chaleur exceptionnelle, dépassant les cinquante degrés, conjuguée à des vents secs qui attisent les flammes, transforme les forêts du Nord-Ouest en un véritable front de bataille ouvert, où s’affrontent sans relâche les équipes de la Protection civile, les agents forestiers, les agriculteurs et les volontaires, face à un ennemi qui ne faiblit pas.
Le tableau qui se dessine sur le terrain est brutal : de longues heures d’efforts sous un soleil brûlant, des hommes suffoquant sous une épaisse fumée qui obscurcit la visibilité, et d’immenses panaches noirs s’élevant au-dessus des reliefs, annonciateurs du pire. De nouveaux incendies se sont déclarés dans les forêts du Jbel Touila, dans le gouvernorat du Kef, s’inscrivant dans une vague de feux ayant touché plusieurs régions de Tunisie durant cette période marquée par une chaleur intense. Des images vidéo ont montré une propagation rapide des flammes dans les forêts situées dans la délégation de Nebeur.
Les chiffres officiels ne sont pas moins préoccupants. La Protection civile a annoncé l’enregistrement de 90 incendies de forêt durant la période du 11 au 22 juillet, dont 77 ont été définitivement maîtrisés, tandis que trois foyers restaient actifs, notamment celui du Jbel Takrouna, dans la délégation de Sakiet Sidi Youssef, au Kef. Depuis le début du mois de juin et jusqu’à aujourd’hui, le nombre total s’élève à 101 incendies de forêt, ayant ravagé une superficie de 1787,7 hectares — un chiffre qui dépasse largement le bilan de l’an dernier, qui n’avait pas excédé 62 interventions sur une surface de 300 hectares seulement en 2025.
Malgré l’ampleur de la situation, la Protection civile a confirmé qu’aucune perte humaine n’a été enregistrée dans l’ensemble des incendies déclarés, dont la plupart sont dus à la vague de chaleur exceptionnelle que traverse le pays. Mais la bataille est loin d’être terminée : des dizaines d’agents restent mobilisés sur le terrain, entre extinction des foyers restants et refroidissement d’autres zones, dans une course contre la montre pour sauver ce qui peut encore l’être du couvert forestier.
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