L’usine d’élevage de mouches soldats noires, implantée à Menzel Bouzelfa, dans le gouvernorat de Nabeul, fait l’objet d’une décision judiciaire de fermeture provisoire, dans l’attente de l’achèvement des investigations en cours. C’est ce qu’a annoncé la députée représentant la circonscription de Menzel Bouzelfa, Rim Sghaier, sur les ondes de Mosaïque Fm.
La députée a également évoqué les circonstances ayant entouré les événements survenus dans la région, dénonçant ce qu’elle considère comme une instrumentalisation d’informations concernant l’un des militants locaux dans le but de discréditer le mouvement de contestation. Elle a estimé que de telles pratiques sont inacceptables et ne rendent pas justice aux habitants mobilisés contre le projet. Elle a, par ailleurs, appelé à ce que les responsabilités de toutes les parties ayant failli à intervenir au moment opportun soient établies.
Pour rappel, le projet d’élevage de mouches soldats noires suscite une vive opposition parmi les habitants de Menzel Bouzelfa depuis plusieurs semaines. Les riverains contestent notamment l’implantation de cette unité industrielle dans une zone résidentielle et agricole, à proximité d’un établissement scolaire et d’un hôpital. Ils expriment des inquiétudes quant aux éventuelles répercussions sanitaires et environnementales de l’activité, notamment en raison de l’utilisation de déchets organiques pour nourrir les larves, ainsi que des nuisances susceptibles d’affecter le cadre de vie et les activités agricoles.
La mobilisation a pris une tournure dramatique dans la soirée du 21 octobre 2026. Alors que des habitants s’étaient rassemblés devant l’usine pour empêcher le lancement de ses activités, un sexagénaire aurait été mortellement percuté par un véhicule transportant du matériel destiné à une réception organisée par les responsables du site. Son décès a provoqué de vives tensions dans la région et l’incendie de l’usine par des habitants.
À la suite de ce drame, le parquet a ordonné le transfert du corps de la victime au service de médecine légale pour autopsie et l’ouverture d’une enquête pour suspicion de meurtre, afin de déterminer les circonstances exactes du décès et les éventuelles responsabilités.
Quelques jours auparavant, le 16 octobre, la gouverneure de Nabeul aurait également décidé de retirer l’autorisation de classification accordée au projet et d’ouvrir une enquête sur les conditions de son implantation et les responsabilités liées au dossier.
Affaire à suivre…