Midterms 2026 : les démocrates reprennent le Congrès et placent Trump face à un pouvoir divisé

Les démocrates ont remporté à la fois la Chambre des représentants et le Sénat lors des élections de mi-mandat du 3 novembre, dans une victoire que la presse américaine qualifie d’historique et de désaveu net pour Donald Trump et le camp républicain. Avant le scrutin, les républicains détenaient une majorité de 54 sièges contre 47 au Sénat.

C’est dans la chambre haute que le basculement est le plus spectaculaire. Les démocrates ont arraché sept sièges : en Iowa, au Kansas, dans l’Ohio, dans le Maine, en Caroline du Nord, en Caroline du Sud et au Texas. Dans le Maine, Troy Jackson met fin à la longue carrière de Susan Collins, élue pour la première fois en 1996. Au Texas, James Talarico devient le premier démocrate à décrocher un siège de sénateur dans l’État depuis 1988, après avoir battu Ken Paxton, vainqueur de John Cornyn lors de la primaire républicaine. Mercredi matin, les démocrates comptaient 54 sièges contre 44 aux républicains, quelques courses restant à trancher, notamment en Alaska et au Mississippi. Les républicains ont toutefois conservé le Nebraska, où Pete Ricketts a battu l’indépendant Dan Osborn. Chuck Schumer, appelé à devenir chef de la majorité, a affirmé que son parti avait gagné le Sénat « contre toute attente ».

À la Chambre, les démocrates ont franchi la barre des 225 sièges, ce qui leur garantit la majorité, au prix d’une trentaine de circonscriptions reprises aux républicains. Plusieurs dizaines de courses restaient encore à départager mercredi. Hakeem Jeffries, réélu, devrait devenir président de la Chambre à la rentrée de janvier et serait le premier Noir à occuper cette fonction.

Les analystes expliquent ce rejet par le mécontentement lié à la guerre contre l’Iran, par la flambée des prix de l’essence et par les inquiétudes économiques d’un électorat qui a entendu les démocrates parler surtout de pouvoir d’achat. Les premières conséquences se dessinent déjà : le futur président de la commission de surveillance de la Chambre a invité Donald Trump et les républicains à « prendre un avocat », les démocrates obtenant désormais le pouvoir d’assigner à comparaître et de lancer des enquêtes. À l’étranger, plusieurs dirigeants ont salué un changement de cap, tandis que les marchés américains se sont repris après un recul nocturne.

Pour Trump, le reste du mandat s’annonce difficile. Avant le scrutin, il avait promis d’opposer son veto à tous les textes votés par un Congrès démocrate et dit qu’il respecterait les résultats « s’ils sont honnêtes ». Or, surmonter un veto exige deux tiers des voix dans chaque chambre, soit 67 sénateurs et 290 représentants, des seuils hors de portée des démocrates. Le pays s’oriente donc vers un face-à-face durable entre la Maison-Blanche et un Congrès hostile. Ses réactions officielles depuis la proclamation des résultats n’étaient pas encore établies mercredi.

(Avec Agences)

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