Phosphate : un besoin de 15 milliards de dinars pour viser 10 millions de tonnes

La Tunisie aurait besoin d’investissements estimés à 15 milliards de dinars sur cinq ans pour porter sa production annuelle de phosphate à 10 millions de tonnes. C’est ce qu’a indiqué Mohamed Ali Fenira, rapporteur de la Commission de l’industrie et de l’énergie à l’Assemblée des représentants du peuple, lors de son intervention le lundi 12 octobre 2026 sur Express Fm. Par ailleurs, le député a souligné que la réalisation de cet objectif dépend de la mobilisation des financements nécessaires et de la mise en œuvre d’une réforme globale du secteur. Ces investissements devraient couvrir l’ensemble de la chaîne de production, depuis l’extraction jusqu’au transport, en passant par le lavage du phosphate et sa transformation chimique. Ils permettraient notamment de renouveler les équipements industriels, de moderniser les unités de production et de réhabiliter les infrastructures.

Pour Mohamed Ali Fenira, les difficultés rencontrées ces dernières années dans la mobilisation des ressources financières figurent parmi les principaux éléments ayant freiné le développement de la filière, malgré les engagements successifs visant à porter la production à 10 millions de tonnes par an. D’autre part, le député a alerté sur les répercussions des perturbations de la production de phosphate sur d’autres secteurs économiques, en particulier l’agriculture. Il a notamment évoqué les pénuries touchant certains intrants essentiels, dont le phosphate diammonique (DAP), et le risque de voir ces tensions s’étendre à d’autres produits.

Outre la relance du phosphate, Mohamed Ali Fenira a abordé l’objectif national de porter à 35 % la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité. Il a estimé que cet objectif était réalisable, à condition de poursuivre les investissements et de mobiliser différents mécanismes de financement, sans dépendre exclusivement des ressources publiques. Le député a distingué trois principaux axes de développement de l’énergie solaire. Le premier concerne l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toitures des logements et des établissements. Ce segment connaît, selon lui, une demande croissante, avec une production attendue de 100 mégawatts en 2026. Si la tendance actuelle se maintient, la capacité pourrait atteindre 200 mégawatts en 2027. Le deuxième axe repose sur les investissements privés dans des projets solaires d’une capacité comprise entre 1 et 10 mégawatts. Le troisième concerne les grands projets de production d’électricité, dont certains peuvent atteindre une capacité de 600 mégawatts dans le cadre du régime des concessions. Qui plus est, Mohamed Ali Fenira a souligné l’importance de poursuivre le développement de ces trois segments, encadrés par les mécanismes juridiques régissant les investissements dans les énergies renouvelables depuis 2015. L’objectif est de renforcer l’attractivité du secteur et d’accroître la contribution de l’énergie solaire à la production électrique nationale.
MBY

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