Qui est Salaheddine Selmi, nouveau secrétaire général de l’UGTT ?

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L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a tourné une nouvelle page de son histoire en portant, ce samedi 28 mars 2026, Salaheddine Selmi à sa tête. Élu secrétaire général à l’issue de la réunion de répartition des responsabilités du bureau exécutif, il s’impose désormais comme le visage d’une centrale syndicale en pleine zone de turbulences.

Son ascension ne doit rien au hasard. Syndicaliste de longue date, Selmi est un pur produit de l’appareil de l’UGTT. Avant d’accéder au poste suprême, il occupait la fonction de secrétaire général adjoint, chargé du département des offices et des entreprises publiques — un secteur explosif au cœur des négociations sociales et des réformes structurelles exigées depuis des années. Ce positionnement lui a permis de se familiariser avec les dossiers les plus sensibles, notamment ceux liés aux entreprises publiques en difficulté et aux tensions sociales récurrentes.

Parcours classique mais stratégique : Salaheddine Selmi a également dirigé la Fédération générale du pétrole et des produits chimiques, l’un des piliers les plus influents de la centrale. Ce passage lui a conféré une assise solide dans un secteur clé de l’économie tunisienne, souvent en première ligne lors des mouvements sociaux.

Politiquement et syndicalement, Selmi incarne davantage la continuité que la rupture. À la tête de la liste « La constance et le défi », il a remporté une victoire totale lors du 26e congrès de l’UGTT à Monastir, raflant l’ensemble des sièges du bureau exécutif ainsi que ceux des structures de contrôle. Un succès net, mais qui traduit aussi une concentration du pouvoir interne — et donc une responsabilité accrue.

Son profil interroge. S’il maîtrise parfaitement les rouages de la centrale, il hérite d’une organisation fragilisée par des divisions internes, une perte de repères stratégiques et une pression sociale sans précédent liée à la dégradation du pouvoir d’achat. En clair, Selmi n’arrive pas dans un fauteuil confortable, mais dans un champ de mines.

Le véritable test commence maintenant. Saura-t-il maintenir l’équilibre entre une base syndicale exigeante et un pouvoir politique de plus en plus centralisé ? Pour l’heure, son élection ressemble moins à un renouveau qu’à un pari sur la continuité — avec tous les risques que cela implique.

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