Les obsèques de Hany Shaker, figure majeure de la scène musicale arabe décédé le 3 mai 2026 à Paris à l’âge de 73 ans, se sont déroulées dans une atmosphère de profonde émotion au départ de la mosquée Abou Chaqa, à Cheikh Zayed, en Égypte. Une foule imposante, mêlant artistes, personnalités publiques et anonymes, s’est réunie pour rendre un dernier hommage à celui que beaucoup surnommaient « l’émir du chant arabe ».
En tête du cortège funéraire, Ashraf Zaki, président du Syndicat des acteurs, et Mostafa Kamel ont accompagné la dépouille. L’actrice Nadia El Gendy a également marqué les esprits par sa présence, apportant son soutien à la famille du défunt. De nombreuses célébrités ont fait le déplacement, parmi lesquelles Khaled El Nabawy, Hamada Helal, Ramy Sabry, Donia Samir Ghanem ou encore la comédienne syrienne Sulaf Fawakherji.
Né le 21 décembre 1952 au Caire, Hany Abdel Aziz Shaker a entamé sa carrière très jeune, formé au Conservatoire du Caire. Révélé au début des années 1970 avec le titre « Heloua ya Dounia », il s’est rapidement imposé dans un paysage musical dominé à l’époque par des légendes comme Oum Kalthoum, Mohamed Abdel Wahab ou Abdel Halim Hafez, dont il revendiquait l’influence directe.
Sa carrière, étendue sur plus de cinq décennies, a été marquée par des succès populaires tels que « Siboni Aheb », « Kisma w’nasib » ou encore « Kida Bardo Ya Amar ». À la fois chanteur, compositeur et acteur, il a su imposer un style à mi-chemin entre tradition et modernité, ce qui lui a permis de traverser les générations sans totalement se réinventer — un choix artistique assumé, mais parfois critiqué dans un paysage musical en mutation rapide.
Ancien président du Syndicat des musiciens égyptiens, Hany Shaker s’est également illustré par des prises de position fermes sur l’évolution de la musique arabe, notamment face à la montée de nouveaux genres qu’il jugeait éloignés des standards classiques.
Son inhumation au caveau familial s’est faite dans un climat de recueillement intense, reflet d’un héritage artistique indéniable, même si son conservatisme musical aura divisé jusqu’au bout. Sa disparition laisse derrière elle une page importante de la chanson arabe, désormais tournée vers une relève qui, elle, n’hésite plus à casser les codes.