Ridha Kechrid, président du comité scientifique du forum international de la santé numérique co-organisé par le forum médical de Réalités et la Société tunisienne de télémédecine et e-santé s’est exprimé ce matin dans l’émission Expresso, sur la la radio d’Express FM pour présenter la 11ème session du forum, ses objectifs, ainsi que les principaux thèmes qui y seront évoqués. Impliquant les différents professionnels de la santé, ce forum se veut un espace de réflexion à même de contribuer à accélérer la transition vers un système de santé numérique en Tunisie. Il offre un cadre de partage d’échanges entre tunisiens et étrangers réciproque de leurs expériences, la réflexion en commun sur les enjeu et défis à relever pour un service de santé de qualité en Tunisie.
Ridha Kechrid a indiqué que le forum, qui se tiendra du 02 au 04 avril 2026 sera lancé à partir du jeudi après-midi, avant même l’ouverture officielle qui se déroulera le vendredi3 avril. Un programme riche en communication, en tables rondes et en présentation d’expériences dans divers domaines de la santé est à l’ordre du jour.
S’agissant d’un domaine, récent dans la pratique médicale en Tunisie, qui associe les technologies digitales au savoir faire médicale, l’entame du forum sera par une communication qui sera présentée par Ahmed Kamel, expert du pole santé de Cap Gémini Moyen Orient, un bureau d’étude spécialisé dans l’intelligence artificielle au Emirats Arabes Unies. Sa communication portera sur l’expérience des EAU dans le domaine de l’intelligence artificielle et son utilisation dans le secteur de la santé.
La normalisation des télécommunications et son rôle dans la protection des données sera au centre de la deuxième communication qui sera présentée par Bilel Jamoussi, un expert tunisien travaillant à l’Union Internationale des télécommunications et responsable de la normalisation des télécommunications.
La séance de la première journée sera clôturée par la présentation de deux expériences de Start Up tunisiennes qui seront mise à l’honneur en tant que success stories tunisiennes. Elles sont créées par deux jeunes tunisiens qui ont effectué des travaux dans le domaine de la santé numérique.
Ridha Kechrid a indiqué ensuite que l’ouverture officielle du forum se déroulera le vendredi matin en présence du ministre de la santé. L’effort du ministère de la santé pour promouvoir la santé numérique sera présenté à travers la projection de deux documentaires. Le premier concernera l’hôpital numérique, qui une institution, nouvellement créé au sein du ministère de la santé et qui fourni les services de médecine à distance ainsi que des services de télé radiologie. Le rôle de cette institution qui est de fournir un service médical de proximité et de répondre aux besoins dans les régions sans que le malade ne soit contraint à se déplacer.
L’autre présentation portera sur la plateforme NAJDA créée par le ministère de la santé, en partenariat avec la Société Tunisienne de cardiologie. Ridha Kechrid a mis en exergue l’importance de cette plateforme qui facilitera la prise en charge des patient atteints de maladies cardiaques et donnera plus d’efficacité à l’intervention du médecin urgentiste, notamment au niveau de la prise en charge des cas d’insuffisance corallienne aigu. C’est une technique qui permettra selon Ridha Kechrid de communiquer et de coordonner son action avec un spécialiste en cardiologie pour empêcher que l’insuffisance corallienne ne conduise à un infarctus, ainsi qu’à travers le référencement du patient vers le service de radiologie adéquat.
La parole sera donnée ensuite au Pr. Habiba Mizouni, spécialiste en radiologie présenter son expérience dans le domaine de la télé radiologie, en relation particulièrement, avec la question de la coordination et la coopération entre les services de radiologie et les hôpitaux régionaux.
Un sujet particulièrement important sera traité lors de la séance suivance, c’est celui du « Jumeaux Numériques ». Il s’agit d’une pratique pédagogique très efficace qui permettra aux stagiaires en médecine un meilleur apprentissage. La technique consiste selon Ridha Kechrid de « créer une copie numérique d’un patient réel, une sorte de modèle disposant numériquement des mêmes caractéristiques pathologiques du malade réel ». Cette sorte de simulation pédagogique virtuelle permettra de doter les nouveaux médecins, dans les diverses spécialités de capacités avancées.
Prendront part à cette séance sur les jumeaux numériques deux médecins venant de Nice, en France, et une ingénieure tunisienne de l’Institut des Technologies Médicales. Cette séance sera, selon Ridha Kechrid, une illustration parfaite sur la complémentarité, en matière de santé numérique, entre les compétences médicales et les compétences techniques des ingénieurs.
La séance de l’après midi sera consacrée aux aspects éthiques et déontologiques, dans leurs sens le plus large, relatifs à la santé numérique. Un premier panel traitera des aspect légaux, juridiques et éthiques de la pratique de la santé numérique, le second panel traitera de question épineuse relative à la protection des données.
La question de la coopération internationale au niveau des relations Nord Sud et Sud-Sud, dans le domaine de la santé numérique occupera le troisième panel.
Les participants au forum international sur la santé numérique assisteront, lors de la troisième journée, à une intervention en ligne du Dr Samara Madrouchi. Une compétence médicale tunisienne qui a une grande expérience au niveau de l’utilisation de l’IA dans le traitement des maladies rénales. Lorsqu’elle exerçait au service de néphrologie de l’Hôpital Charles Nicole, Dr Madrouchi a effectué plusieurs travaux de recherche qui ont été publiés dans des revus scientifiques américains de renommée. Chose qui lui a valu d’être recrutée par l’hôpital de Boston, une institution médicale relevant de l’Université de Harvard.
Suivra, une table ronde qui portera sur l’utilisation de l’IA dans le processus de fabrication et de distribution des médicaments dans toutes ces étapes.
La 11éme session du forum international sur la santé numérique semble riche et diversifié. Il apportera certainement des éléments de réponse aux praticiens, mais aussi au citoyen, concernant ces nouvelles méthodes médicales en vogue dans plusieurs pays, étant donné que leur efficacité n’est plus à démontrer, mais qui se positionnent timidement encore en Tunisie.
Krimi Abderrazek