Lors de sa participation à une session de dialogue sur la souveraineté sanitaire africaine organisée le 12 mai 2026 à Nairobi, au Kenya, la Cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri a affirmé que l’avenir sanitaire du continent africain dépend de la capacité des États à bâtir des systèmes de santé solides, une industrie pharmaceutique compétitive et une transformation numérique efficace.
Intervenant au Centre international de conférences Kenyatta, elle a souligné que les crises sanitaires mondiales récentes, en particulier la pandémie de COVID-19, ont révélé les faiblesses structurelles des systèmes de santé africains, marqués par une forte dépendance extérieure, des difficultés d’accès aux vaccins, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des capacités limitées de production locale. Selon elle, ces constats imposent des réformes urgentes afin de garantir une véritable souveraineté sanitaire au continent.
Zenzri a présenté l’expérience de la Tunisie dans le domaine de la santé numérique, indiquant que le pays a engagé une profonde modernisation de son système sanitaire à travers le projet de « l’hôpital numérique ». Plus de 25 hôpitaux ont ainsi été reliés par un réseau sécurisé à haut débit permettant de développer la télémédecine et les consultations médicales à distance.
La Cheffe du gouvernement a mis en avant les résultats obtenus grâce à cette stratégie numérique. En 2025, les activités de radiologie à distance ont progressé de plus de 1300 %, avec plus de 42 000 examens réalisés à distance. Par ailleurs, 31 établissements hospitaliers sont désormais connectés au réseau de télémédecine, couvrant plusieurs spécialités médicales. Les interventions médicales à distance dans les cas d’urgence, notamment pour les accidents vasculaires cérébraux, ont également permis d’améliorer la rapidité de prise en charge et de sauver des vies.
Selon la cheffe du gouvernement, la transformation numérique contribue à améliorer l’accès aux soins, à réduire les délais de diagnostic, à optimiser l’utilisation des ressources médicales et à garantir une meilleure qualité des services, particulièrement dans les régions éloignées. Elle a également insisté sur le choix stratégique de la Tunisie en faveur d’une souveraineté numérique complète grâce à des réseaux sécurisés et au développement local de solutions d’intelligence artificielle adaptées au contexte tunisien.
Au-delà du numérique, elle a souligné que la souveraineté sanitaire passe aussi par l’indépendance pharmaceutique. La Tunisie dispose aujourd’hui d’une industrie pharmaceutique structurée comptant plus de quarante entreprises à participation étrangère et exportant vers plus de 35 pays. Ce secteur constitue, selon elle, une base solide pour développer la production de médicaments essentiels, de génériques, de biosimilaires et de vaccins.
Zenzri a affirmé que la Tunisie ambitionne de devenir une plateforme régionale pour la production pharmaceutique, la logistique et le transfert de technologies au profit du marché africain. Elle a également rappelé l’importance du tourisme médical, qui attire chaque année des centaines de milliers de patients étrangers, principalement africains, grâce à la qualité des compétences médicales tunisiennes et des infrastructures hospitalières du pays.
Sarra Zaafrani Zenzri a appelé à renforcer la coopération africaine et internationale dans les domaines de la santé, du financement, de la technologie et de la formation, tout en plaidant pour des partenariats fondés sur le respect mutuel et les intérêts communs. Elle a également annoncé que la Tunisie accueillera l’événement international « TeleHealthConnect 2026 » du 29 septembre au 1er octobre 2026, consacré à la santé numérique et à la télémédecine.