Selon une analyse publiée par Le360 Afrique le 22 mai 2026, le Maroc s’impose comme le premier exportateur de véhicules sur le continent africain. En 2025, le royaume a expédié 454 443 unités, soit 52,3 % du total des voitures produites en Afrique et vendues à l’étranger. L’Afrique du Sud suit avec 414 271 unités, ce qui porte à 868 714 le nombre de véhicules exportés par ces deux seules nations africaines productrices.
Cette performance représente 70,63 % de la production automobile du continent, qui a tourné autour de 1,23 million d’unités en 2025. En valeur, les exportations combinées des deux pays ont généré 19,4 milliards de dollars, en progression de 6,06 % par rapport à 2024, malgré un recul de 6,60 % en volume par rapport aux 930 000 unités de l’année précédente.
L’automobile reste le principal moteur des exportations marocaines, avec 154,4 milliards de dirhams (16,54 milliards de dollars) en 2025, soit 32,94 % des ventes totales du royaume à l’étranger. Ce chiffre place le secteur loin devant les phosphates (99,8 milliards de dirhams) et l’agroalimentaire (86,83 milliards de dirhams). Les véhicules eux-mêmes ont rapporté 61,3 milliards de dirhams, tandis que le câblage (57,8 milliards), les moteurs et pièces (25,8 milliards) et les aménagements intérieurs (9,6 milliards) complètent les revenus du secteur. Près de 91 % de la production nationale (501 965 unités) est partie à l’export, bien que les expéditions aient baissé de 15,74 % en raison d’une demande mondiale atone et de problèmes techniques chez Stellantis Maroc (rappel de véhicules, maintenance des chaînes de montage).
L’Union européenne absorbe environ 80 % des véhicules marocains, grâce aux accords de libre échange. La Dacia Sandero, la Logan, la Renault Kardian, la Peugeot 208 et des véhicules de micro mobilité (Citroën Ami, Opel Rocks e) figurent parmi les modèles les plus vendus. Au premier trimestre 2026, on observe déjà une reprise des exportations avec une hausse de 23,7 % en valeur par rapport à la même période de 2025.
Bien qu’exportant moins d’unités, l’Afrique du Sud a dégagé un chiffre d’affaires supérieur (12,84 milliards de dollars) grâce à des véhicules plus haut de gamme tels que la Volkswagen Polo, la BMW X3, la Mercedes Classe C ou la Toyota Hilux. Le secteur représente 15 % des exportations totales du pays. Les États ont imposé une surtaxe de 25 % qui a fait chuter les envois sud africains vers l’Amérique de 74,4 %.
Les deux leaders africains font face à plusieurs défis communs : la concurrence croissante des marques chinoises, la forte dépendance au marché européen (plus de 80 % des exportations), les politiques protectionnistes (surtaxes américaines) et surtout le virage mondial vers le véhicule électrique. L’Union européenne exige désormais 70 % de contenu local « Made in EU » pour bénéficier des subventions vertes (Industrial Accelerator Act du 4 mars 2026), ce qui risque d’exclure de fait les véhicules électriques fabriqués en Afrique. Or, actuellement, la quasi totalité des exportations africaines sont encore des moteurs thermiques. À terme, cette transition pourrait fragiliser l’ensemble de la filière automobile du continent.
MBY