Sur le chemin de l’école, la mort : Islem, victime d’un bus qui n’aurait jamais dû rouler

Un bus de transport scolaire s’est renversé dans la zone d’« El Haïdra », dans la délégation de Jerissa (gouvernorat de Kaserine). Le drame a coûté la vie à une élève qui s’appelait Islem et fait de nombreux blessés parmi ses camarades. Les circonstances de l’accident restent à déterminer par l’enquête ouverte.

Hélas, ce drame n’a rien d’isolé. Chaque année, des accidents impliquant des véhicules de transport scolaire endeuillent des familles, le plus souvent dans les régions de l’intérieur. Et chaque fois, c’est le même scénario : l’émotion, les promesses, puis l’oubli, jusqu’à la catastrophe suivante.

Dans les zones rurales et défavorisées, le transport scolaire n’est pas un confort, mais la condition même de l’accès à l’éducation. Pour rejoindre leur école, des enfants parcourent chaque jour des dizaines de kilomètres sur des routes étroites, dégradées et mal signalisées. Faute d’alternative, familles et élèves n’ont d’autre choix que de monter dans le véhicule disponible, quel que soit son état.

Or le parc est largement vieillissant. Nombre de bus en circulation sont anciens, mal entretenus, voire déjà sortis du service ailleurs avant d’être réaffectés à ces régions. Pneus usés, freins défaillants, contrôle technique approximatif : les risques s’accumulent, et c’est la vie d’enfants qui est mise en jeu.

Au-delà de l’émotion, il est temps de poser la question des responsabilités. Autorités régionales et locales, ministères du Transport, de l’Éducation et de l’Équipement, propriétaires et exploitants des véhicules, sans oublier l’entretien des routes : chacun doit assumer sa part. Sans responsabilisation claire, rien ne changera.

Cela passe par une enquête transparente dont les conclusions seraient rendues publiques, un audit immédiat de tous les véhicules affectés au transport scolaire avec retrait de ceux qui ne répondent pas aux normes, un plan de renouvellement du parc qui donne la priorité aux régions défavorisées, des contrôles techniques renforcés et suivis dans la durée, ainsi qu’une meilleure sécurisation des routes menant aux écoles.

La vie d’un enfant ne peut dépendre de l’état d’un vieux bus ni de la région où il est né. Garantir à chaque élève un trajet sûr vers l’école n’est pas une faveur, c’est un droit.

(Photos : Réseaux sociaux)

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