Tunisie: 4.620 migrants subsahariens irréguliers rapatriées depuis juillet 2025, 700 autres sur le point de regagner leur pays (Vidéo)

La Direction générale de la Garde nationale a mené, ce mardi 9 juin 2026, une nouvelle opération de transfert de migrants en situation irrégulière originaires de pays d’Afrique subsaharienne. L’opération s’est déroulée au niveau du carrefour « Lac Zéro » à Tunis et a concerné près de 200 migrants qui seront acheminés vers le camp du kilomètre 21 à El Amra, dans le gouvernorat de Sfax.

Cette opération s’inscrit dans le cadre du programme de retour volontaire vers les pays d’origine, mis en œuvre en coordination avec les autorités tunisiennes, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ainsi que plusieurs structures et organisations partenaires.

Les migrants ont été regroupés avant leur transfert vers le centre d’El Amra. Selon les informations recueillies par Réalités Online, les personnes concernées provenaient principalement de Tunis, mais également d’autres gouvernorats du pays. Environ 200 migrants ont ainsi été rassemblés à Tunis, auxquels s’ajoutent une quarantaine de personnes en provenance de Nabeul ainsi qu’une trentaine de migrants venant de Sfax et de Sousse.

Dans une déclaration accordée à Réalités Online, le porte-parole de la Direction générale de la Garde nationale, le colonel-major Houssem Eddine Jebabli, a indiqué que le camp du kilomètre 21 accueille actuellement près de 400 migrants, alors que sa capacité totale est estimée à 700 personnes.

Selon ses dires, cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Garde nationale, en coordination avec les différentes autorités concernées, afin de faciliter les procédures de retour volontaire des migrants souhaitant regagner leurs pays d’origine.

Selon les chiffres communiqués par le responsable sécuritaire, 4.620 migrants ont pu bénéficier du programme de retour volontaire mis en place par la Garde Nationale entre juillet 2025 et aujourd’hui grâce aux efforts conjoints de la Garde nationale et des différents partenaires impliqués. Près de 27.000 retours volontaires ont été enregistrés par l’Organisation internationale pour les migrations en coordination avec les autorités tunisiennes.

Selon Houssem Eddine Jebabli, les demandes de retour volontaire sont quotidiennes de la part de nombreux migrants subsahariens présents sur le territoire tunisien. Toutefois, il estime qu’une partie importante d’entre eux n’est pas suffisamment informée de l’existence du programme ni des procédures permettant d’en bénéficier.

A cet effet, il a expliqué que la Direction générale de la Garde nationale mène, en partenariat avec le Croissant-Rouge tunisien et plusieurs acteurs de la société civile, des campagnes de sensibilisation dans différentes régions du pays. Ces actions sont organisées dans les villes, les marchés et les lieux de regroupement des migrants afin de les informer des possibilités de retour volontaire ainsi que des mécanismes d’accompagnement mis à leur disposition.

Revenant sur la gestion des flux migratoires irréguliers, le porte-parole de la Garde nationale a expliqué que la stratégie tunisienne repose notamment sur un dispositif de surveillance maritime articulé autour de trois ceintures sécuritaires destinées à renforcer le contrôle des frontières maritimes et à limiter les départs clandestins vers les côtes européennes.

Selon lui, le renforcement de ce dispositif a considérablement réduit les possibilités d’accès à la rive nord de la Méditerranée depuis les côtes tunisiennes. Cette situation a eu pour conséquence une diminution des tentatives de traversée irrégulière par voie maritime, mais également un impact sur les mouvements d’infiltration observés au niveau des frontières terrestres, aussi bien à l’ouest qu’à l’est du pays.

Au-delà de son volet sécuritaire et logistique, la question des migrants originaires d’Afrique subsaharienne continue de susciter un vif débat en Tunisie. Si les autorités mettent en avant les efforts déployés pour favoriser les retours volontaires et lutter contre les réseaux de migration irrégulière, les organisations de défense des droits humains appellent à un traitement davantage centré sur la dignité des personnes migrantes, les conditions de leur prise en charge et le respect de leurs droits fondamentaux. Entre impératifs de sécurité, gestion des flux migratoires et considérations humanitaires, ce dossier continue d’alimenter la polémique aussi bien sur le plan national qu’international.

Crédit photos: Jalel Ferjani / Réalités Online 

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