Jusque-là, la question avait longtemps divisé les observateurs les plus avertis : pourquoi aura-t-il fallu au Club Africain attendre l’éternité de sept longues saisons pour renouer avec la compétition continentale la plus prestigieuse ?
Certains préjugés avaient longtemps pesé aussi lourd que les cadors d’autant plus que l’on impute commodément et trop facilement cette longue nuit d’absence africaine à la profonde crise financière endurée ces dernières années. Mais cette désillusion à répétition a fini par décourager les incorrigibles optimistes et donner comme sur un plateau des arguments à portée de bouche.
Pour mesurer la portée de la performance réussie le week-end dernier devant le Tout-Puissant Mazembé, il faut rappeler que le club de Bab Jedid a bouté «out» le 4e club au classement du nombre d’accès à la phase des groupes de la C1 (14 présences), après l’Espérance de Tunis, Al Ahly d’Egypte et Al Hilal du Soudan. Après les Maliens de Djoliba et les Congolais de Mazembe, les Rouge et Blanc ont prouvé qu’ils avaient du coffre et que le coach Maher Kanzari a vite fait de s’intégrer dans le moule, confondant les détracteurs qui lui prédisaient malicieusement des jours difficiles du côté du Parc «A».
On s’imagine déjà un CA animé par un nouvel état d’esprit gambader dans un univers qu’il ne connaît pas beaucoup, celui de la Champions League, pour ne pas passer en catimini et marquer son territoire. Surtout qu’il tient depuis dimanche dernier son match-référence nonobstant le hourrah-football qui l’emporta la majeure partie du match. Il faut tout de même admettre que les copains de l’excellent Oussama Chrimi ne pouvaient guère finasser face au jeu direct, agressif et basé sur le combat physique que s’employaient à imposer les «Corbeaux» de Lubumbashi.
Initiative à méditer et imiter
Le bilan de la phase préliminaire (deux victoires et deux nuls) est largement positif, promettant beaucoup en vue de la suite de l’aventure. Seulement, les compères de Mouhib Chamakh ont tout intérêt à monter en puissance et améliorer leur fond de jeu, lequel doit devenir stable et s’exprimer sur la durée. Or, ils n’ont pas trop le temps pour travailler sur cet objectif, la phase des poules avançant à grands pas (la première journée est prévue entre le 27 et le 29 novembre, soit dans un mois).
Nous ne terminerons pas sans mettre en exergue l’innovation qui consiste à retransmettre le match de Coupe d’Afrique sur sa propre application Youtube une fois la barre des 200 mille dinars de recettes atteinte. Une initiative porteuse de beaucoup de promesses pour les caisses clubistes, et qui donne à réfléchir sur l’approche up-to-date adoptée par le tandem Mohsen Trabelsi-Mehdi Miled.
Sans doute, un exemple à suivre…
Tarak Gharbi