La crise militaire qui s’intensifie dans la région du Golfe a franchi un nouveau seuil de gravité, après qu’un navire commercial iranien a été la cible d’une attaque soudaine au large des côtes sud du pays, vers 5 heures du matin heure locale ce dimanche, faisant un mort et trois blessés, selon l’agence France-Presse.
L’attaque s’est produite dans la zone située entre l’île de Henjam et la côte de Shibdaraz sur l’île de Qeshm, la plus grande île du détroit stratégique. Plusieurs explosions ont par ailleurs été entendues durant la nuit aux alentours de Qeshm.
Alors que l’identité de l’auteur de l’attaque demeure incertaine, l’agence de presse iranienne Tasnim a qualifié le projectile ayant touché le navire de « d’origine inconnue », précisant que son type n’avait pas encore été déterminé.
Un contexte tendu depuis plusieurs mois
Le détroit d’Ormuz est devenu le principal point de friction entre Téhéran et Washington depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l’Iran en février dernier. L’importance stratégique de ce passage maritime étroit tient au fait qu’avant la guerre, 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié y transitaient, tandis que les États-Unis ont imposé un blocus sur les ports iraniens pour empêcher Téhéran d’en contrôler l’accès.
Cette attaque n’est pas un fait isolé : la route méridionale omanaise demeure le passage le plus dangereux du détroit, ayant enregistré 19 des 32 attaques par projectiles signalées par le centre d’opérations du commerce maritime du Royaume-Uni depuis le 6 juillet. D’autres informations font également état d’un second navire visé lors de sa traversée du détroit, ravivant les craintes concernant les approvisionnements énergétiques.
Sur le plan diplomatique, l’Iran cherche à obtenir une reconnaissance de son contrôle sur le détroit d’Ormuz afin d’y imposer des taxes aux navires en transit — une revendication rejetée par les États-Unis. De son côté, le Sultanat d’Oman tente de négocier ce dossier avec les pays de la région, de nouveaux accords potentiels devant être discutés lors des prochaines réunions.