Violence en France : Macron promet la fermeté et le dialogue

Interdiction possible de certains rassemblements, cellule de crise pour les commerçants, voyage dans le Golfe, concertation avec la jeunesse : en huit minutes, dimanche soir, le président français Emmanuel Macron a déroulé les mesures par lesquelles l’exécutif entend répondre aux violences de samedi.
Les premières sont immédiates. Dès lundi, le Premier ministre présidera une cellule de crise chargée de mobiliser les aides les plus rapides possibles pour les commerçants, les artisans et les acteurs économiques touchés par les pillages. Dans le même temps, les préfets recevront la main pour protéger les villes, les bâtiments publics et les commerces, en lien avec les maires, avec la possibilité d’interdire des rassemblements lorsque la situation l’exige. Le président français a également demandé au gouvernement de revoir le dispositif de renseignement et d’anticipation, jugé pris en défaut samedi, et exigé du ministre de l’Intérieur des réponses claires, promettant toute la transparence.

Le volet judiciaire vient ensuite. Les enquêtes devront aboutir le plus rapidement possible, le garde des Sceaux ayant demandé la plus grande fermeté au procureur, et le président attend un suivi exemplaire. Le principe est posé : ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser, et ceux qui ont voulu faire tomber la République devront en répondre.

Sur le terrain social, qui nourrit la mobilisation, Macron a annoncé qu’il se rendrait dès lundi dans les pays du Golfe pour sécuriser les approvisionnements en carburant et en gaz et peser sur les marchés de l’énergie. Le gouvernement a de son côté convenu avec les distributeurs de carburants que ces efforts se répercutent sur les prix à la pompe. Pour la jeunesse, une concertation s’ouvrira dès cette semaine avec les élèves, les étudiants, les enseignants, les organisations patronales et syndicales, les collectivités et les parlementaires, en s’appuyant sur la plateforme du ministère de l’Éducation nationale, qui a recueilli plus de 100 000 contributions.

Enfin, un appel politique accompagne le dispositif. Tous les partis, organisations professionnelles et syndicats sont sommés de condamner sans ambiguïté les violences et d’appeler au calme. Le Premier ministre réunira les formations politiques dans les prochains jours pour obtenir des positions claires et publiques.

Ces annonces répondent à une journée qui a laissé le pays sous le choc. Samedi 17 octobre, ce que Macron a qualifié de “factieux issus de groupuscules d’ultragauche”, rejoints par de nombreux “délinquants”, ont commis des violences dans de nombreuses villes, en métropole comme en Outre-mer. Des commerces ont été pillés, des mairies et des bâtiments publics attaqués ou détruits, et plusieurs centaines de policiers et de gendarmes ont été blessés. Le président français a cité la mairie de Limoges incendiée, l’office de tourisme de Lyon, la mairie de Marseille envahie et la résidence du préfet à Bordeaux. Il a dit la colère et la honte de la nation, et apporté son soutien aux forces de l’ordre, aux maires et aux commerçants, dont certains ont défendu eux-mêmes leurs vitrines.

Macron a aussi tenu à distinguer les responsables des dégâts des centaines de milliers de manifestants venus porter des revendications légitimes sur le coût de la vie, qu’il a reliées au conflit du golfe Persique, dont la France subit les conséquences sans y avoir pris part. À six mois de la présidentielle, il a promis d’être intraitable avec les casseurs, assurant que l’écoute et le dialogue ne signifient ni faiblesse ni impunité, et que le débat doit se tenir dans les réunions publiques et les médias, jamais dans la violence.

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