Cent cinquante kilomètres. C’est la distance qui sépare Cuba de la Floride. Une heure de vol. Et pourtant, pour un citoyen américain, cette île des Caraïbes est officiellement interdite de tourisme. Un paradoxe géographique qui, à lui seul, dit tout de l’absurdité d’une relation vieille de plus de six décennies.
Mais derrière l’anecdote du visa refusé se cache une réalité autrement plus grave. Depuis janvier 2026, Cuba a franchi un seuil que même ses habitants les plus résilients n’avaient jamais connu. Washington a coupé l’approvisionnement en pétrole vénézuélien, bouclé un blocus énergétique et empilé sanctions sur sanctions jusqu’à l’asphyxie totale.
Le résultat ? Des coupures d’électricité de plus de vingt heures par jour. Des hôpitaux sans médicaments. Des enfants qui meurent de maladies traitables.
Les compagnies maritimes ont suspendu leurs rotations. Les chaînes hôtelières espagnoles et canadiennes ont plié bagages. Plus de 2 900 tonnes de vivres humanitaires n’ont jamais atteint les quais. Cuba est aujourd’hui presque déconnectée des systèmes de paiement internationaux, abandonnée par les assureurs, contournée par les transporteurs.