Les États-Unis ont doublé, jeudi 7 août, la récompense promise pour toute information menant à l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro, désormais fixée à 50 millions de dollars. Inculpé par la justice américaine pour trafic de drogue depuis 2020, le dirigeant est soupçonné d’avoir dirigé un cartel responsable de l’exportation massive de stupéfiants vers les États-Unis.
Cette prime, la plus élevée jamais proposée par Washington dans ce type d’affaire, vise également le ministre vénézuélien de l’Intérieur. La ministre de la Justice Pam Bondi, qui a officialisé l’annonce sur le réseau X, accuse Maduro de liens avec plusieurs organisations criminelles, dont les FARC, le gang Tren de Aragua et le cartel mexicain de Sinaloa. Les autorités américaines affirment que ces réseaux auraient acheminé des centaines de tonnes de drogue vers leur territoire, générant des revenus colossaux.
Au-delà des accusations judiciaires, cette initiative s’inscrit dans un contexte politique explosif. En janvier dernier, à dix jours de l’entrée en fonction de Donald Trump, l’administration Biden avait dénoncé l’investiture de Maduro comme une farce électorale, estimant qu’il avait perdu l’élection présidentielle de 2024. L’opposition vénézuélienne, qui revendique la victoire, parle d’un coup d’État.
Soutenu par l’armée et les institutions, Maduro a néanmoins prêté serment pour un troisième mandat de six ans. Face à cette situation, l’administration Trump, de retour à la Maison Blanche, durcit le ton : embargo pétrolier renforcé, menaces de sanctions contre les pays commerçant avec Caracas, et désormais cette prime spectaculaire.
Le gouvernement vénézuélien a aussitôt dénoncé une opération de propagande. Le ministre des Affaires étrangères, Yvan Gil, a qualifié la démarche de « pathétique » et accusé Washington de vouloir s’ingérer une fois de plus dans les affaires internes du Venezuela.
Malgré ces tensions, Maduro reste solidement en place, tandis que les États-Unis intensifient leur stratégie de pression maximale pour tenter de l’écarter du pouvoir.