La communauté universitaire est en deuil après l’annonce du décès, ce jeudi 12 mars 2026, de la professeure Neïla Sellini, figure reconnue de la recherche en études islamiques et en sciences humaines. Spécialiste de la civilisation islamique, de l’exégèse coranique et de l’histoire des relations sociales dans les premiers siècles de l’islam jusqu’au VIIIᵉ siècle de l’hégire, la défunte s’est distinguée durant plusieurs décennies par ses travaux académiques et ses analyses critiques des textes et des traditions juridiques islamiques.
Titulaire d’un doctorat d’État consacré à l’exégèse et aux dynamiques sociales dans les sociétés musulmanes, elle a exercé en tant que professeure des universités et a longtemps enseigné à Université de Sousse.
Chercheuse engagée dans les débats intellectuels contemporains, Neila Sellini a aussi collaboré avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en tant que consultante. Dans ce cadre, elle a contribué au quatrième Rapport national sur le développement humain publié en 2005 et consacré à la question « Vers la liberté de la femme dans le monde arabe », un travail collectif portant sur les défis liés aux droits des femmes et aux transformations sociales dans la région.
Ses travaux scientifiques et ses publications ont largement porté sur l’évolution de la jurisprudence islamique et sur la place des femmes dans les sociétés musulmanes. Parmi ses ouvrages les plus connus figurent “Femme et violence légitime dans les nouvelles fatawas” et “L’adoption dans la jurisprudence islamique”, dans lesquels elle analyse les interprétations contemporaines du droit musulman et leurs implications sociales. Elle a également participé à l’ouvrage collectif “Le corpus coranique et ses lectures” publié en 2016 sous la direction de Abdelmajid Charfi.
Considérée comme l’une des voix marquantes du courant réformiste de la pensée islamique en Tunisie, la professeure Sellini s’est distinguée par ses analyses critiques de la charia, par sa réflexion sur l’évolution des droits des femmes et par ses prises de position dans les débats intellectuels suscités par la Constitution tunisienne adoptée après la révolution de 2011. Par ses recherches et son engagement académique, elle a contribué à nourrir un débat scientifique et sociétal sur l’interprétation des textes religieux et leur place dans les sociétés contemporaines.
Paix à son âme.