La Tunisie occupe le premier rang des pays d’Afrique du Nord mobilisés sur ce dossier. Nabil Assaf, représentant de la FAO Tunisie, a tiré la sonnette d’alarme lors de la Conférence arabo-africaine sur les systèmes alimentaires. Par conséquent, il appelle à une intégration stratégique entre les pays arabes et africains. Dans le top 15 des nations les plus exposées aux ruptures d’approvisionnement et à la flambée des prix, plusieurs pays du continent figurent en tête de liste. En sus de cette vulnérabilité, les guerres, les conflits armés, les sécheresses chroniques et le stress hydrique fragilisent davantage les systèmes agricoles.
Le déficit technologique dans la production et la transformation constitue l’un des principaux freins. D’autre part, la FAO préconise d’accélérer la transition numérique et technique pour doper la productivité et protéger les cultures des aléas climatiques. À cela s’ajoute la nécessité de séduire la jeunesse en transformant le secteur agricole en un domaine moderne et rentable. Par ailleurs, il est crucial d’assainir le climat des affaires pour rassurer les banques, les investisseurs et les bailleurs de fonds internationaux. Qui plus est, l’autonomisation des femmes doit devenir une priorité absolue, en leur facilitant l’accès aux crédits et en les intégrant à tous les maillons de la chaîne de valeur, de la récolte jusqu’au stockage.
En définitive, la solution réside dans la complémentarité et la solidarité géopolitique régionale. En unissant les terres fertiles, les capitaux financiers et les compétences humaines disponibles, l’espace arabo-africain dispose de tous les atouts pour sceller des partenariats stratégiques. Cet alignement répond aux objectifs de développement de l’ONU : meilleure production, nutrition optimisée, environnement préservé et vie digne pour tous, avec la ferme volonté de ne laisser personne de côté.
MBY