Au risque d’être démenti, je peux écrire que, d’ors et déjà, l’AFRIQUE, en lettres majuscules, a émerveillé, égayé et enflammé la Coupe du Monde de Football se déroulant jusqu’au 19 courant. Pas seulement à travers les dix équipes présentes au 1er tour et parmi elles, celles qui ont accédé aux tours suivants mais aussi et surtout par ces «bruns et blacks» qui ont marqué —et marquent encore— ou qui, pour mieux écrire, ponctuent diverses formations de joueurs venus de partout.
Ce n’est plus surprenant de voir le nombre de «blacks» augmenter d’une coupe ou même d’une année à l’autre au sein de l’équipe de France. Se référant à sa Révolution et à son actif de pays des droits humains, mais aussi – n’en déplaise à certains – à son passé colonialiste, la France a réussi «l’intégration» de plusieurs générations, leur encadrement chacun selon ce qu’il peut donner, et en a choisi les meilleurs bien sûr.
Pas étonnant non plus de la part du pays du «melting pot» qui a, malgré toutes les vicissitudes — le Ku Klux Klan en tête réussi— la gageure d’intégrer et d’offrir à chacun l’occasion de faire ses preuves et de donner le meilleur de lui-même.
La surprise vient justement de ces pays du Nord, d’habitude fermés à toute velléité de percée ethnique, aussi infime soit-elle, défendant à cor et à cri la «race pure» dont ils prétendent descendre bien qu’ils aient lâché du lest en acceptant, à contre-cœur, des mariages mixtes qui ne cessent de croître.
Regardez les formations de la Suède, de la Norvège, de l’Allemagne, de la Suisse, de l’Australie et du Canada et comptez les Africains qu’elles recèlent.
Les Tunisiens sont au moins au nombre de trois dans ces pays (deux en Suède, le troisième en Suisse) et de cinq en tout ( un au Qatar, l’autre en Egypte).
L’intégration de l’ensemble des joueurs africains n’a rien de sentimental, encore moins de droits de l’homme, elle repose sur une seule et unique condition : leur performance, leur engagement et leur labeur.
Démunis de tout, mais repérés pour leurs talents, aidés par l’encadrement qui leur est réservé, les conditions de travail, les équipements, le respect de la dignité, de la différence, les Africains ont «éclaté», faisant valoir leurs prouesses inégalées, leur rage de vaincre et démontrant aux plus sceptiques leurs dons innés de gagneurs et de contributeurs.
Ils n’ont rien à envier aux milliers de médecins et d’infirmiers qui sont partis depuis belle lurette et qui, aujourd’hui, constituent la colonne vertébrale de la santé publique en France et sans lesquels plusieurs hôpitaux étatiques, s’il vous plaît, mettraient la clé sous la porte.
Idem pour les milliers d’ingénieurs, toutes spécialités confondues, et de centaines de sportifs auxquels est venue se joindre l’haltérophile tunisienne Ghofrane Belkhir, ambitionnant comme elle le souhaite, de briller de mille et un feux, à son corps défendant sous l’étendard allemand, après avoir été ternie pendant longtemps, dans sa propre patrie.
Ne blâmez pas les ténèbres, allumez une bougie.