L’annonce faite par l’ambassade de Tunisie à Damas, portant sur la mise à disposition de bourses universitaires tunisiennes au profit d’étudiants syriens pour l’année 2026-2027, peut sembler, à première vue, à un geste technique et administratif parmi tant d’autres. Elle mérite pourtant d’être replacée dans un contexte plus large : la reconstruction progressive des relations tuniso-syriennes, après des années de relations pour le moins distendues — et surtout dans une perspective historique qui donne à ce geste toute sa portée symbolique.
Car la coopération universitaire entre les deux pays n’a rien d’inédit.
Par le passé, des centaines de Tunisiens ont effectué leurs études supérieures en Syrie, notamment dans des filières comme la médecine ou les sciences, à une époque où Damas représentait une destination universitaire prisée dans le monde arabe. Ce mouvement, aujourd’hui largement méconnu ou oublié, avait contribué à tisser des liens humains et professionnels durables entre les deux pays, bien au-delà des seules relations d’État à État.
L’annonce de ces nouvelles bourses s’inscrit donc, d’une certaine manière, dans la continuité de cette histoire commune — à ceci près que les rôles s’inversent aujourd’hui : c’est désormais la Tunisie qui ouvre ses portes à des étudiants syriens dont le pays est en pleine reconstruction après des années de guerre. Une manière, aussi, de rendre à la Syrie une part de ce qu’elle a offert par le passé à des générations de Tunisiens.
Ce type de coopération universitaire compte parmi les leviers les plus efficaces — et les plus durables — de rapprochement entre nations.
En permettant à des étudiants syriens de rejoindre les universités tunisiennes, la Tunisie ne se contente pas d’un acte de solidarité éducative, elle investit dans une génération syrienne appelée à jouer un rôle dans la reconstruction de son pays, une fois les études achevées. Les étudiants d’aujourd’hui deviennent souvent les cadres, les décideurs ou les relais d’influence de demain — un investissement à long terme dont les retombées, bien que difficiles à mesurer immédiatement, s’avèrent souvent décisives.
Pour la Tunisie, ce geste s’inscrit également dans une diplomatie de proximité arabe, où le pays cherche à réaffirmer sa présence et sa solidarité avec les peuples de la région, en particulier dans les moments de transition ou de reconstruction post-conflit.
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