«La Presse de Tunisie» vient de fêter ses quatre vingt ans.
Happy Birthday, my Lady !
Quand je l’avais connue en 1971, elle avait trente cinq ans. J’en avais vingt six. Elle était mûre et sereine alors que j’étais bleu et enthousiaste. Je l’avais quittée après mille et une nuits de labeur… et de bonheur inouï. Il était écrit que ne nous vieillirions pas ensemble. Chacun a repris son chemin. Le mien m’a conduit à servir non plus par la plume mais par le verbe et par l’action. Je fus des années durant à l’écoute et au service de mes électeurs arianais. Je tentais, quoiqu’il m’en coûtât, d’exaucer leurs vœux et leur assurer les conditions d’un vivre-ensemble harmonieux où la quiétude et la fierté d’appartenir à la ville des roses n’étaient pas des mots vains.
Mais en dépit de cette charge, je n’ai guère oublié mon cocon douillet de la rue Bach-hamba à Tunis. J’ai consigné certains de mes faits et écrits dans un opuscule intitulé précisément «c’est écrit dans La Presse».
Dans la préface, je relatai mon histoire d’amour avec le journalisme qui n’est pas tant une profession qu’une mission. Un sacerdoce, hourra !
«On naît journaliste, on ne le devient pas» osais-je pérorer dès l’entame de ce livre édité chez Nirvana.
J’y rendais un hommage appuyé à notre directeur de l’époque Si Amar Belkhiria et à mes compagnons de plume Noureddine Tabka, notre rédacteur en chef qui vient de décéder dans une indiscrétion presque totale, Hédi Grioui Abdelhamid Gmati, Mohamed Mahfoudh, Ahmed Beltaief, Youssef Seddik, Slah Maoui, Moncef Ben Amor, Brahim Labbassi, Chérif Arfaoui, Larbi Chennaoui, Mohamed Bouchiha, Abdelaziz Dahmani, Ahmed Boughnim, Hassen El Mekki, Mondher Ben Dana, kamel Ghattas, Alia Bouhdiba et Meriem Badri avec laquelle je partageais le même bureau au 3ème étage de bâtiment mythique mitoyen de celui d’Assabah – une proximité prémonitoire ! Sans oublier les Kamel Makni, Flavio Ventura, Mahmoud Ben Fadhel, Moise Mordar, Khaled Najjar, Neziha Mlayeh, Zohra Mihoub, Ezzedine Souissi, Am Tahar, Mouldi Hammami, Am El Mediouni et le standardiste Am Ezzedine.
«La Presse» m’offrit quotidiennement à la une, un espace de rencontre avec mon cher électorat auquel je m’adressais sous le pseudonyme à d’Ibn Hichem pour des raisons que j’évoquais dans « C’est écrit» .
A la faveur de mon statut de journaliste économique, je pus voyager ici et là à travers le monde pour couvrir les événements relatifs aux problèmes monétaires et énergétiques. J’eus l’honneur de rencontrer des hommes de la stature de François Bloch-Lainé et d’Octave Gelinier. Je fus le premier à avoir visité l’île iranienne kharg, le plus grand terminal pétrolier de la région et qui fait aujourd’hui le bois d’une actualité brûlante.
Dans un numéro spécial édité à l’occasion de l’anniversaire sus-indiqué, nos cadets ont à peine effleuré cette belle époque des années 70.
Oserons-nous espérer qu’ils se reprendront quand cette bonne dame recouvrera sa mémoire.
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