La Tunisie célèbre ce 13 août la Journée de la femme, ainsi que le 70e anniversaire du Code du statut personnel, texte fondateur qui a offert à la femme tunisienne des acquis considérables. Cet élan vers l’émancipation féminine, initié par le Combattant suprême Habib Bourguiba, a donné à la femme tunisienne les moyens d’exceller dans de nombreux domaines, celui de la Culture n’étant pas des moindres.
Sans revenir sur l’ensemble des réalisations accumulées au fil des décennies, il convient de s’arrêter sur cette excellence féminine telle qu’elle s’est illustrée ces dernières années — une excellence qui, indépendamment même du bilan de gestion, s’exprime déjà par la nomination de femmes à la tête du département de la Culture. Depuis 2011, la Tunisie a, en effet, vu se succéder à ce poste Moufida Tlatli, Latifa Lakhdhar, Sonia M’barek, Chiraz Laâtiri, Hayet Guermazi Guettat et Amina Srarfi. Un nombre historique, révélateur de la place occupée par les femmes dans ce secteur, d’autant que ces ministres sont issues d’horizons artistiques et créatifs variés.
Cette excellence ne se limite toutefois pas à la gestion des affaires culturelles, elle se déploie tout autant sur le terrain de la création. Ces dernières années ont ainsi vu s’affirmer le talent de plusieurs Tunisiennes dans divers champs culturels, à commencer par le cinéma, où brille Kaouther Ben Hania qui a confirmé cette excellence avec notamment «La Voix de Hind Rajab », présenté en compétition à la Mostra de Venise 2025, où le film a remporté le Grand Prix du jury (Lion d’argent). L’œuvre a, par la suite, représenté la Tunisie aux Oscars 2026 dans la catégorie du meilleur film international.
Le théâtre n’est pas en reste, avec la pièce «Les Fugueuses», écrite et mise en scène par Wafa Taboubi, qui s’est imposée comme l’une des grandes réussites de la scène tunisienne contemporaine. Après avoir décroché le Grand Prix du Festival national du théâtre tunisien «Saisons de la création», l’œuvre a été couronnée du Tanit d’or aux Journées théâtrales de Carthage 2025, ainsi que des prix du meilleur texte et de la meilleure interprétation féminine, décernés à Lobna Noomane. En janvier 2026, la pièce a franchi un nouveau cap en remportant le Grand Prix du Festival du théâtre arabe.
Cette dynamique s’accompagne également des performances d’autres figures artistiques, à l’image de la cinéaste Afef Ben Mahmoud. Autant de signes d’une nouvelle génération de femmes artistes qui, à son tour, reprend le flambeau.