2025 restera une année charnière pour BNA Assurances, qui réalise ses meilleures performances financières à ce jour, tant au niveau du chiffre d’affaires que du résultat net. Son directeur général, Faker Rais, dévoile une stratégie de diversification tous azimuts : mobilité électrique, assurance santé, énergies renouvelables. Focus.
Comment évaluez-vous la performance financière de BNA Assurances en 2025 ?
En un mot : exceptionnelle. L’année 2025 restera gravée dans l’histoire de la compagnie comme une année record. BNA Assurances a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 190 MDT, en progression de près de 10 % par rapport à 2024, et dégagé un bénéfice de l’ordre de 17 MDT, soit le plus élevé jamais enregistré depuis la création de la compagnie. Des résultats qui témoignent d’une trajectoire de croissance solide et maîtrisée.
Mais au-delà des chiffres, c’est la nature de cette performance qui mérite d’être soulignée. 2025 a marqué un tournant structurel important : pour la première fois, la branche automobile est passée sous la barre des 70 % du chiffre d’affaires global. Un recul relatif qui n’est pas le signe d’un affaiblissement, bien au contraire, il reflète une stratégie délibérée de diversification, portée par le développement accéléré de nouvelles branches, notamment la branche vie, et par le lancement de plusieurs nouveaux produits.
Ces offres inédites s’inscrivent dans une logique d’accompagnement global des familles tunisiennes, couvrant un spectre toujours plus large de leurs besoins : assistance, prévoyance, protection du quotidien… BNA Assurances ambitionne ainsi de s’imposer non plus seulement comme un assureur automobile, mais comme un partenaire de vie à part entière, présent à chaque étape du parcours de ses assurés.
Et pour 2026, quelles sont vos perspectives ?
Tout indique que nous sommes partis sur la même lancée qu’en 2025. Les résultats du premier trimestre sont encourageants : le chiffre d’affaires affiche déjà une nouvelle progression d’environ 10 %, confirmant que la dynamique enclenchée l’an dernier ne s’est pas essoufflée. Si cette tendance se maintient, 2026 pourra bien dépasser le record que nous venons de vivre en 2025.
Mais au-delà des performances financières, c’est surtout sur le plan stratégique que l’année s’annonce riche. BNA Assurances entend élargir encore davantage son périmètre d’action, en investissant dans de nouvelles branches jusqu’ici peu explorées. La santé figure en tête des priorités. Nous avons récemment lancé un produit d’assurance santé individuelle, une offre qui répond à un besoin réel et croissant des familles tunisiennes.
En parallèle, nous continuons de développer notre gamme de produits d’assurance tout en restant pleinement engagés sur le front de la mobilité électrique et de la protection de l’environnement. Dans ce cadre, nous nous intéressons de près aux grands projets d’énergie solaire et aux infrastructures qui accompagnent la transition énergétique du pays. Notre ambition est claire : être présents là où les choses bougent, là où l’innovation crée de la valeur pour nos assurés et pour la société.
BNA Assurances ambitionne de s’imposer non plus seulement comme un assureur automobile, mais comme un partenaire de vie à part entière, présent à chaque étape du parcours de ses assurés.
Quel est le rôle de BNA Assurances dans l’écosystème de la mobilité électrique ?
BNA Assurances s’est imposée comme un véritable précurseur sur ce terrain. Dès 2023, alors que le sujet était encore largement inexploré dans le secteur, la compagnie a pris l’initiative d’organiser des séminaires biannuels entièrement dédiés à la mobilité électrique, s’appuyant notamment sur l’expertise d’intervenants étrangers, en particulier allemands, pour encadrer et accompagner les acteurs de la filière.
Dès 2023, BNA Assurances a pris les devants sur un sujet encore peu exploré dans le secteur : l’intersection entre la mobilité électrique et l’assurance. Pionnière dans le domaine, la compagnie a lancé dès cette année-là une série de séminaires dédiés à cet écosystème en pleine émergence, se positionnant ainsi comme un acteur incontournable de la transition énergétique dans le secteur financier tunisien.
Pour asseoir la crédibilité de ces rencontres, BNA Assurances a fait appel à des experts internationaux, notamment allemands, mobilisés pour encadrer et orienter les différents intervenants de la filière. Concessionnaires, compagnies d’assurance, organismes publics et privés, parmi lesquels l’ANME, le STEG, La Poste ou encore le ministère du Transport, ont ainsi pu bénéficier d’une expertise pointue sur les enjeux du véhicule électrique.
BNA Assurances est ainsi devenue la première compagnie du marché tunisien à se doter de conditions générales et d’une tarification spécifiquement dédiée aux véhicules électriques. La compagnie est également la première institution financière à avoir installé des bornes de recharge gratuites devant son siège.
Loin de considérer ces réalisations comme un aboutissement, BNA Assurances affiche des ambitions claires pour la suite : déploiement de nouvelles bornes, organisation de workshops et de séminaires supplémentaires et poursuite d’une démarche de responsabilité sociétale tournée vers la protection de l’environnement. Une stratégie de long terme, portée par la volonté de rester à l’avant-garde d’un secteur en pleine mutation.
Pionnière dans le domaine, la compagnie a lancé dès cette année-là une série de séminaires dédiés à cet écosystème en pleine émergence, se positionnant ainsi comme un acteur incontournable de la transition énergétique dans le secteur financier tunisien.
Avez-vous des objectifs chiffrés concernant l’installation de nouvelles bornes de recharge ?
Nous ne disposons pas encore d’un chiffre précis à annoncer. L’installation de bornes reste conditionnée à l’obtention des autorisations et agréments nécessaires. Dès que ces formalités seront levées, nous agirons sans délai.
Ce qui est certain, en revanche, c’est le constat qui motive notre démarche : la Tunisie accuse un déficit considérable en infrastructures de recharge. C’est précisément là que BNA Assurances entend jouer son rôle. Non pas en se substituant à l’État, mais en accompagnant ses efforts, à la mesure de nos capacités, en tant qu’acteur économique conscient de ses responsabilités envers la société.
Contribuer à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens et participer concrètement à la transition énergétique du pays, voilà ce qui guide notre engagement sur ce dossier.
En Tunisie, opter pour le véhicule électrique relève-t-il aujourd’hui d’un choix délibéré ou d’une nécessité imposée ?
À ce stade, il s’agit clairement d’un choix et c’est précisément ce qui rend notre rôle d’assureur d’autant plus important. Personne ne peut être contraint d’acquérir un véhicule électrique ; c’est une décision qui doit reposer sur la conviction. Or, cette conviction ne se décrète pas, elle se construit, progressivement, à travers l’information, la sensibilisation et l’accompagnement.
C’est dans cet esprit que BNA Assurances s’investit activement pour encourager les Tunisiens à franchir le pas. Nous nous positionnons non seulement comme un assureur, mais comme un véritable partenaire de cette transition, en rassurant les futurs acquéreurs sur les aspects assurantiels, souvent méconnus, liés aux véhicules électriques.
Cela n’empêche que des freins réels persistent. L’acquisition d’un véhicule électrique reste un parcours semé d’embûches pour bon nombre de citoyens, qu’il s’agisse du coût à l’achat, de l’accès au financement ou du manque d’infrastructures de recharge. La levée de ces obstacles constitue un préalable indispensable pour que le choix du véhicule électrique devienne, à terme, une évidence plutôt qu’une exception.
Quels sont les principaux obstacles qui freinent encore l’adoption du véhicule électrique en Tunisie ?
Je préfère parler de défis plutôt que de points faibles, car la nuance est importante. Pendant longtemps, la question de la batterie a constitué le principal point d’interrogation : autonomie, durabilité, coût de remplacement… autant d’incertitudes qui alimentaient les réticences des consommateurs. Mais ce chapitre est en train de se refermer. Des pays comme la Chine ont investi massivement dans la recherche et le développement, et les avancées technologiques réalisées ces dernières années sur la composition et la performance des batteries sont considérables. Ces problématiques appartiennent désormais largement au passé.
Aujourd’hui, les conditions sont réunies pour accélérer la transition. L’État tunisien a d’ailleurs accompagné ce mouvement en mettant en place des avantages fiscaux incitatifs à l’acquisition de véhicules électriques. De notre côté, en tant qu’assureur, nous apportons notre pierre à l’édifice en offrant des solutions adaptées et en encourageant activement ce choix responsable.
Car les enjeux dépassent largement le seul confort de l’automobiliste. Le secteur des transports représente à lui seul près de 50 % de la consommation d’énergie fossile en Tunisie, un chiffre vertigineux qui illustre l’urgence d’agir. Bus, camions, véhicules particuliers alimentés au pétrole ou au gaz, cette dépendance aux énergies fossiles a un coût économique lourd pour l’État, et un coût environnemental plus lourd encore.
Basculer vers l’électrique, c’est donc gagner sur plusieurs fronts simultanément : réduire la facture énergétique nationale, diminuer les émissions polluantes et préserver un environnement que nous nous devons de transmettre aux générations futures. C’est un impératif économique autant qu’une responsabilité collective.
Le chiffre de 1.142 véhicules électriques vendus est-il à la hauteur des attentes ?
Plus que satisfaisant, il est même encourageant. Ce qui rend ce chiffre particulièrement remarquable, c’est qu’il a été atteint en seulement cinq mois, ce qui représente déjà plus de 90 % du volume total enregistré sur l’ensemble de l’année 2024. C’est un signal fort, qui témoigne d’une dynamique réelle et d’un intérêt croissant des consommateurs tunisiens pour le véhicule électrique.
Basculer vers l’électrique, c’est gagner sur plusieurs fronts simultanément : réduire la facture énergétique nationale, diminuer les émissions polluantes et préserver un environnement que nous nous devons de transmettre aux générations futures.
L’objectif fixé pour cette année est d’atteindre les 3.000 véhicules électriques vendus. Un cap ambitieux, certes, mais qui paraît tout à fait accessible au regard de la trajectoire actuelle. L’ensemble des concessionnaires se mobilise pour y parvenir, et la tendance va clairement dans le bon sens.
Bien sûr, il faut garder les pieds sur terre, n’en étant qu’aux prémices. Ces chiffres, aussi prometteurs soient-ils, ne doivent pas faire illusion sur le chemin qu’il reste à parcourir. Le vrai défi, désormais, est d’accélérer, en consolidant les infrastructures, en renforçant la confiance des acheteurs et en maintenant un cadre incitatif à la hauteur des ambitions affichées.
Propos recueillis par Khadija Taboubi