À Sousse, la vidéo entend dépasser le simple cadre du divertissement pour devenir un outil de sensibilisation, de réflexion et de changement. C’est l’ambition portée par Walid Ben Hassen, fondateur du Festival international de la vidéo de sensibilisation (FIVS), dont la sixième édition se déroulera du 28 au 30 août 2026 dans la ville du Sahel.
Né en Tunisie, le FIVS ambitionne de s’imposer comme un rendez-vous international consacré aux productions audiovisuelles destinées à sensibiliser le public aux grands enjeux de société. Son concept repose notamment sur une volonté de sortir le cinéma des salles traditionnelles pour aller à la rencontre des citoyens.
« La technologie n’a de valeur que lorsqu’elle est au service de l’être humain », souligne Walid Ben Hassen dans un entretien accordé au journal italien National Daily Press.
Faire sortir les vidéos des salles de cinéma
Pour le fondateur du festival, la sensibilisation ne peut être efficace que si elle est accessible au plus grand nombre. Le FIVS entend ainsi investir les espaces publics, les places, les institutions, les universités ou encore les entreprises afin de diffuser les œuvres auprès de publics qui ne fréquentent pas nécessairement les salles de cinéma.
« Le cinéma ne doit pas être réservé à ceux qui peuvent acheter un billet ; il doit être accessible à tous, dans les lieux où les gens vivent, étudient et travaillent », explique-t-il.
Cette approche constitue l’une des particularités du FIVS, qui souhaite utiliser la puissance du format court et du langage audiovisuel pour encourager des comportements positifs et susciter une prise de conscience autour de thématiques telles que les valeurs humaines, la solidarité, l’environnement, l’inclusion, la paix, la santé ou encore la citoyenneté.
Pour Walid Ben Hassen, une vidéo de sensibilisation ne doit pas se limiter à transmettre une information. Elle doit provoquer une émotion susceptible d’amener le spectateur à réfléchir et, surtout, à agir.
« Si un spectateur change ne serait-ce qu’une seule habitude après avoir vu un film, alors nous avons déjà atteint notre objectif », affirme-t-il.
Le fondateur du FIVS mise également sur la puissance des réseaux sociaux. Dans un environnement où une vidéo de quelques minutes peut potentiellement atteindre des millions de personnes, il estime que les contenus porteurs de messages positifs peuvent eux aussi trouver leur place dans les logiques de viralité.
Si le FIVS est né à Sousse, son ambition dépasse désormais les frontières tunisiennes. Walid Ben Hassen souhaite progressivement développer le festival dans d’autres pays et constituer un réseau international réunissant partenaires, associations, universités et créateurs engagés.
« Les défis auxquels nous sommes confrontés sont mondiaux ; les solutions doivent elles aussi l’être », estime-t-il.
Cette dimension internationale s’inscrit dans la volonté de faire de la Méditerranée un espace de dialogue culturel, en rapprochant les créateurs et les publics des deux rives.
Les jeunes au cœur du projet
Le festival accorde également une place centrale à la jeunesse. Selon son fondateur, les jeunes disposent aujourd’hui des outils nécessaires pour produire et diffuser leurs propres contenus et doivent pouvoir utiliser ces moyens pour porter leurs idées et leurs solutions.
« Ils ne sont pas seulement les spectateurs de demain ; ils sont déjà aujourd’hui les acteurs du changement », souligne Walid Ben Hassen.
L’objectif est ainsi de leur offrir un espace d’expression et de création, tout en les encourageant à s’emparer des nouvelles technologies pour traiter des problématiques qui concernent leur génération et leur avenir.
Autre évolution du festival : l’ouverture aux courts métrages réalisés à l’aide de l’intelligence artificielle.
Walid Ben Hassen considère l’IA comme un outil de création qui peut élargir les possibilités offertes aux réalisateurs, à condition qu’elle reste au service d’une véritable démarche artistique et humaine.
« L’IA peut accélérer le processus de création, mais c’est toujours le cœur de l’auteur qui donne un sens à l’œuvre », explique-t-il.
Le festival entend ainsi accompagner les mutations technologiques du secteur audiovisuel sans perdre de vue ce qui constitue, selon son fondateur, l’essentiel : l’émotion, l’éthique et le message porté par l’œuvre.
Au-delà de la compétition et de la programmation, Walid Ben Hassen revendique une ambition qui se veut avant tout citoyenne.
« Je ne souhaite pas créer le plus grand festival de vidéos. Je souhaite créer le festival qui laissera l’empreinte la plus profonde dans les consciences », résume-t-il.
La sixième édition du FIVS, prévue du 28 au 30 août 2026 à Sousse, entend ainsi poursuivre cette démarche : faire de l’image un moyen de sensibiliser, de rapprocher les publics et de provoquer une réflexion sur les grands enjeux contemporains.
NB: Cet article est publié dans le cadre d’une collaboration éditoriale avec le journal italien National Daily Press.
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