Le gouvernorat de Gabès fait l’objet d’un programme d’envergure destiné à réorganiser sa bande côtière et à répondre aux nuisances environnementales accumulées depuis plusieurs décennies. Présenté par le ministre tunisien de l’Environnement, Habib Abid, lors d’une session parlementaire, ce plan prévoit le réaménagement de huit plages. Parmi celles-ci, Chott Zarat fait actuellement l’objet d’une étude destinée à évaluer l’impact d’un futur port de pêche et d’une usine de dessalement d’eau. D’autres sites sont concernés, à l’image de Chott Lamaya, où une nouvelle zone de loisirs doit voir le jour, ou encore Chott Aichoun, qui sera équipée d’un éclairage solaire. Par ailleurs, Shatt Kettana bénéficiera également d’un espace récréatif, tandis que Chott Métouia sera aménagée avec des campings pour répondre à une demande touristique en hausse. En sus de ces opérations, le front de mer de la ville de Gabès sera valorisé par l’ajout de 400 mètres de plage et par la mise en place de dispositifs de protection contre l’érosion du sable.
Le ministre a expliqué que les retards dans le lancement de certains projets trouvaient leur origine dans des complexités administratives ayant perduré près de sept mois aux niveaux régional et municipal. À cela s’ajoute une confirmation : les financements ont été inscrits dans le budget 2026. D’autre part, l’Italie a approuvé le financement du projet de réaménagement de la plage de Gabès, ce qui vient soutenir les efforts nationaux dans le domaine environnemental.
Concernant le coke de pétrole utilisé par le complexe chimique de Gabès, une source de pollution récurrente pour les plages du gouvernorat, Habib Abid a rappelé que cette situation remonte à 2009, date à laquelle les subventions aux cimenteries ont été supprimées. Cette mesure a entraîné des importations dépassant 700 000 tonnes par an via les ports de Gabès et de Bizerte. Pour réduire l’impact environnemental, des solutions alternatives sont envisagées, notamment la valorisation des déchets en carburants alternatifs. Dans cette optique, l’utilisation d’environ 2,8 millions de tonnes de déchets est proposée, en s’appuyant sur des expériences déjà concluantes telles que le réemploi de vêtements usagés. Par conséquent, le ministre a insisté sur la nécessité de revoir le cadre juridique afin de permettre aux usines d’utiliser ces matériaux dans le respect d’une réglementation stricte. Qui plus est, il convient de traiter le problème de la forte teneur en humidité des déchets, qui peut atteindre 60 %, grâce à des technologies de séchage adaptées.
Par ailleurs, plus de 60 projets pour Gabès sont inscrits dans le plan de développement 2026-2030, lequel s’inscrit dans un programme national regroupant plus de 900 projets pour un coût total d’environ 7 milliards de dinars, soit 2,3 milliards d’euros. Leur réalisation demeure toutefois conditionnée par la disponibilité des financements. En ce qui concerne l’érosion côtière, le ministre a précisé qu’il s’agit d’un phénomène naturel dans le sud tunisien, mais que l’activité humaine peut en aggraver les effets. Une initiative de nettoyage des plages a été récemment lancée en collaboration avec les institutions touristiques, parallèlement à une étude conjointe avec l’Italie pour traiter ce problème. Des actions de terrain ont également été menées, parmi lesquelles l’enlèvement de plus de 10 000 mètres cubes de déchets de construction, le nettoyage de la zone de Wadi Salam et la mise en place d’un système de surveillance continue de la qualité de l’air, assorti de poursuites judiciaires contre les contrevenants.
En plus de ces réalisations, une coopération internationale est en cours avec un projet mené aux côtés du Japon pour le traitement et la réutilisation des eaux usées industrielles, ce qui permet de réduire la pression sur les ressources en eau. À cela s’ajoute la poursuite du programme de dépollution du complexe chimique. Cette approche traduit une stratégie globale visant à concilier développement économique et protection de l’environnement, avec pour objectif d’améliorer la durabilité des ressources naturelles du gouvernorat de Gabès.