Hassen Mehri, le souvenir et la mémoire : Une œuvre marquante

Force est d’admettre que notre rapport aux célébrités reste le moins qu’on puisse dire ambigu. Ce même rapport aux moins célèbres demeure aussi d’une complexité déroutante.

C’est ainsi que la disparition, le 9 septembre, de Hassen Mehri est malheureusement passée quasiment totalement inaperçue. Pourtant, cet ancien moniteur de sport dans les établissements scolaires de la perle du Sahel et de ses environs longtemps invisibilisé avait profondément marqué le foot de cette région, surtout en tant qu’entraîneur à l’enthousiasme bouillonnant. Comme s’il avait dû attendre son départ en catimini pour voir affleurer les hommages les plus spontanés…

En effet, du début des années 1970 jusqu’aux années 1990, il avait entraîné toutes les catégories des jeunes de l’ESS, les juniors du SC Moknine, la STIA de Sousse, le Stade Soussien, l’Hirondelle Sportive de Kalaâ Kebira et El Makarem de Mahdia, en plus de Grombalia Sport, et Al Wahda de Mecque, en Arabie saoudite où, tout comme Hedi Griaa, il avait secondé de 1983 à 1985 l’homme de l’Argentine, Abdelmajid Chetali.

Sa parfaite connaissance du foot du Sahel invita du reste en 1996 la Fédération nationale à lui confier les rênes de la Sélection régionale du Centre.

Hedi Lahouar

Mais c’est surtout à l’Espoir Sportif de Hammam Sousse que cet homme de devoir d’une éducation exemplaire laisse des traces indélébiles.

«La première fois où il débarqua à Hammam Sousse, il encadra l’équipe Cadets, se rappelle Hedi Lahouar, enfant du club qu’il allait présider, et ancien membre de la Ligue nationale et de la fédération tunisienne, ainsi que du Bureau du Comité national olympique tunisien (CNOT). J’étais alors capitaine d’équipe. Nous avons perdu un match contre le Stade Soussien (2-0), et je fus ce jour-là très mauvais et à l’origine des deux buts encaissés. Eh bien, «Am» Hassen s’en prit malgré tout avec la réserve et l’éducation qui le caractérisent à notre défenseur central, me ménageant car il y avait beaucoup de respect entre nous deux. Mehri a fini par s’identifier à Hammam Sousse où ce maître EPS enseigna dans trois écoles et choisit d’y habiter après avoir débuté en 1967 à l’école El Ghazali de Bouhsina».

Par ailleurs, Hedi Lahouar met l’accent sur les qualités de formateur de H.Mehri : «Il était fait pour conduire la formation et la pré-formation des jeunes talents beaucoup plus que pour driver une équipe senior, insiste-t-il. J’ai pu m’en convaincre quand j’ai présidé la Ligue du Centre et que la Sélection régionale lui a été confiée. Il a fait de l’excellent travail, et tous les joueurs l’aimaient comme un père, tout le monde le respectait énormément. Reconnaissants, les vétérans de Hammam Sousse lui ont rendu il y a trois ans un bel hommage dans une belle cérémonie. Je me rappelle que ce geste l’avait beaucoup ému».

Notons que Hassen Mehri entraîna l’équipe première de l’Espoir de Hammam Sousse d’abord en 1976 quand il fut relevé par Habib Ben Abdallah, puis en 1978.

 

Mohamed Mahfoudh

«Une intégrité morale indiscutable»

«L’enfant de Bab Sidi Abdessalam ne peut que marquer tous ceux qui l’ont côtoyé, certifie pour sa part Mohamed Mahfoudh, l’inter gauche international de l’Etoile Sportive du Sahel des sixties. Certes, il était plus jeune que moi (Mahfoudh est né le 9 janvier 1942, et joua avec les seniors de 1959 à 1966 NDLR). Ce qui n’empêche que j’ai joué avec lui durant trois ou quatre saisons avant de partir en Hongrie poursuivre mes études d’éducation physique et sportive. Certes, en tant que défenseur, il n’était pas titulaire à part entière, mais il avait le démon du foot qu’il aimait par-dessus tout. Notre équipe était alors au top avec les Mohamed Kanoun, Mohsen et Mohieddine Habacha, Ahmed Lemine, Abdelmajid Chetali, Moncef Gnaba, Raouf Ben Amor, Habib Akid, Ridha Rouatbi, Salem Kedadi, Mongi Menzli… Je garde de lui le souvenir d’un homme serviable et affable, très disponible et d’une intégrité morale indiscutable. Je dois avouer que la nouvelle de sa disparition m’a beaucoup peiné, d’autant que Mehri n’a laissé que d’excellents souvenirs aussi bien du gentleman que du technicien bosseur et passionné qu’il était tout à la fois».

Que son âme repose en paix.

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