Les livraisons de pétrole brut de l’Algérie à la France ont connu une progression remarquable au mois d’avril dernier. Selon des statistiques récemment publiées par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (AIE), les volumes exportés ont bondi de près de 225 % par rapport à mars, atteignant 138 000 barils par jour.
Sur une base annuelle, cette augmentation est de 14 %, ce qui représente un supplément de 17 000 barils quotidiens par rapport à avril 2025, où les exportations s’établissaient à environ 121 000 barils par jour. En cumul sur les quatre premiers mois de 2026, la hausse est plus modérée (+3,4 %), avec une moyenne de 95 000 barils journaliers.
La France est ainsi devenue, en avril, le premier destinataire du pétrole algérien, absorbant environ 15 % des exportations totales du pays, lesquelles ont atteint 903 000 barils par jour.
Interrogé par Xinhua, Choukri Mahmoud Sanif, professeur d’économie internationale à l’université de Constantine (Algérie), relativise cette envolée. Selon lui, elle ne traduit pas une transformation profonde de la demande française, mais plutôt un effet de base faible, des aléas statistiques liés aux fluctuations antérieures, ainsi qu’une possible redistribution des livraisons au sein du marché européen.
Dans un contexte énergétique mondial toujours marqué par les conséquences du conflit russo-ukrainien et par les efforts européens pour diversifier leurs approvisionnements, les flux entre Alger et Paris relèvent davantage d’une logique d’ajustement ponctuel que d’un partenariat énergétique structurel.
M. Sanif souligne également que, malgré les hauts et les bas des relations diplomatiques franco-algériennes, le secteur pétrolier obéit avant tout à des besoins réciproques. Les volumes échangés sont dictés par les prix et la demande à court terme en Europe, non par des considérations politiques ou des alliances durables.
MBY