Heureux qui, comme les Tunisiens, font de beaux voyages (1)

En contrepartie des 10, 11 ou même 12 millions de visiteurs promis cette année, combien de Tunisiens vont-ils, en visiteurs eux aussi, dans les pays de leur choix ?

Il faut reconnaître d’abord que les Tunisiens sont et vont partout dans le monde. Lors de la dernière «world cup 2026», l’envoyé spécial de la TV nationale nous rapporta avoir rencontré «l’unique Tunisien vivant et travaillant à Monterrey», l’une des trois villes mexicaines qui avaient accueilli les rencontres du premier tour.

Pas plus tard que le lendemain, deux jeunes filles se présentèrent à notre confrère de la Tv pour faire remarquer leur existence, comme tunisiennes, dans la même ville.

Lors de la même Coupe du monde, la surprise fut de découvrir un Tunisien bien installé, vivant et travaillant à Hawaï, une contrée américaine, dites-vous. «Non», retorqua le bonhomme, d’un ton ferme et d’ajouter que sa femme, son enfant et lui-même sont hawaïens.

Inutile de vous parler des Tunisiens, vivant, étudiant, travaillant ou visitant, pour la circonstance, les Etats-Unis ou le Canada. Vous concluez, vous-même, qu’ils y sont nombreux.

 

Il a fait 75 pays

Regardez sur la Toile du côté des grands voyageurs, communément dits «globe-trotters», vous retrouverez de nombreux Tunisiens, hommes et femmes, qui sillonnent les quatre coins du monde.

Je cite là l’exemple de «Ahmed Hajji» qui a visité 75 pays et nous a fait découvrir l’ensemble des pays dont les noms finissent par «stan» comme le Pakistan, l’Afghanistan et autres. Mlle Hammami, jeune fille très courageuse, est actuellement en train de sillonner, de village en village, de ville en ville et de contrée en contrée, la Thaïlande, le Cambodge, le Laos, le Vietnam et l’ex-Birmanie appelée désormais Myanmar.

Un autre non moins jeune Tunisien a choisi de marcher sur les traces du révolutionnaire internationaliste «Che Guevara» en longeant la côte ouest de l’Amérique du Sud, particulièrement la Colombie, la Bolivie, le Chili et l’Argentine avant de toucher la pointe de la province de la Terre du Feu et remonter de l’autre côté jusqu’au Brésil et au Venezuela.

L’Australie, le pôle Nord, l’Everest et bien d’autres contrées ne sont pas méconnus des Tunisiens.

 

La part de l’Afrique

Comme chacun (ne) le sait (peut-être pas), des centaines de Tunisiens «font» l’Afrique orientale pour les fameuses expéditions de Safari au Kenya, en Tanzanie et transitent par l’Afrique du Sud, pays de Nelson Mandela, grand ami de la Tunisie et inspirateur des militants des droits de l’homme, de la tolérance et de la paix.

Je vous épargne les détails des régions proches où l’Arabie saoudite se taille la part du lion avec le «hajj» et la «omra», de la Turquie, de l’Egypte, du Maroc et de l’Irak (un autre pèlerinage), sans oublier bien sûr l’Algérie et la Libye où les frontaliers vont, entre autres, s’approvisionner en produits de première nécessité.

Nul besoin de s’attarder sur la plupart des pays d’Europe, même les plus éloignés, où les Tunisiens se rendent malgré les traitements excessifs et les mesures restrictives en rapport avec les visas d’entrée.

Retour après ce «tour du monde» à la question de départ : combien sont-ils ces Tunisiens qui voyagent chaque année ?

En l’absence de statistiques et de chiffres, l’on peut dire sans grand risque de se tromper qu’ils sont nombreux. Rien qu’à voir le nombre de vols qu’effectue une compagnie française sur les aéroports de Tunis, Djerba, Monastir, Sfax et Tozeur, on peut être élucidé.

 

40% de l’activité

Cette compagnie qu’on reconnaît à la lettre «t» frappée en minuscule sur ses avions, assure, à longueur de journée, des vols sur Tunis à partir de Paris, Marseille, Montpellier, Lyon et Nice, des vols sur Monastir en provenance de Paris, Marseille, Lyon et Nantes, sur Djerba venant de Paris, Marseille, Lyon et Montpellier, à Sfax et Tozeur venant uniquement de Paris.

C’est pour les touristes français, dira-t-on. Oui, mais les avions ne désemplissent pas au retour et à les voir, ce sont les Tunisiens qui les prennent.  Idem pour toute l’année, pas qu’en été. Le premier responsable commercial de ladite compagnie déclare «gérer» 40% de l’activité totale du transport aérien entre la France et la Tunisie et évoque notre pays comme étant le levier de l’activité de sa compagnie.

Bienvenue aux touristes français bien sûr, mais il va de soi que cette activité est adressée à beaucoup de Tunisiens qui veulent éviter de faire 200, 300 et 400 km de route en atterrissant à Tunis-Carthage puisqu’ils habitent le Sahel, Kairouan, Kasserine, Sfax, Sidi Bouzid, Gafsa, Tozeur, Gabès, Médenine, Tataouine et Kébili.

Et ce n’est pas tout.

A suivre

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