La «Moviola» de «Dimanche sport»

Le «théâtre» de la «Moviola» sur le plateau de «Dimanche sport», tout au long de ces dernières saisons sportives, me frappe comme une tragi-comédie aux acteurs interchangeables sans talent ni éthique. Ils ne savent pas ce qu’ils font. De plus, ils le font très mal. On assiste à l’introjection de la partialité dans la «machine» de cette émission. C’est le degré zéro de la légitimité morale : pas de compétence, pas de style, pas de communication, pas d’éloquence, pas de neutralité, pas de crédibilité. Cette situation catastrophique en dit long sur la dramatique dérive de la plus ancienne émission d’une télévision publique financée par l’argent du contribuable et fait peser une menace de défiance généralisée sur l’ensemble de l’établissement. Je ne suis pas en train de mêler ma voix au chœur pleurnicheur de «tout sonne malhonnête et scandaleux». Mais c’est une drôle de «Moviola» que nous regardons chaque dimanche soir. On va de caricature en caricature. On n’aurait peut-être pas dû y prêter attention. Et puis, quand même. Il s’agit d’un phénomène destructeur dont la facture est réglée par les contribuables.

Il suffit de suivre cette émission pour savoir combien ce domaine est gravement en crise. L’apparent «respect» des règles du jeu ne saurait cacher la réalité d’une désastreuse dérive morale. Cette fameuse «Moviola» s’est avérée une recette pour une tendance médiatique versatile, sujette aux caprices des incompétents, dans laquelle fanatiques et lobbyistes règnent en maîtres.

On a tort de croire que les ressentiments de la pire espèce, la partialité éhontée, le deux poids, deux mesures, le paralogisme et le sophisme de plusieurs anciens arbitres et joueurs sont à venir. Ils sont là, sur scène et ont pour nom : «La Moviola de Dimanche sport». A force de semer des contrevérités à pleines mains, de faire des analyses pleines d’arguments erronés, de viser intentionnellement les droits de quelques associations sportives, de ridiculiser les spectateurs sous toutes les latitudes, les voilà arrivés au bout du gouffre.

D’année en année, les Tunisiens ont relevé leur degré d’exigence vis-à-vis de la responsabilité dans tous les domaines. Ils ne supportent plus que les gens partiaux prennent sans effort la place des compétences intègres et que les médiocres iniques obtiennent avec de l’entregent une cote plus élevée que celle des justes. Ils veulent que tout responsable soit irréprochable, non seulement sur le plan de l’honnêteté et de la probité, mais aussi de l’éthique et de la compétence. L’Histoire nous raconte comment plusieurs médias sont tombés dans l’anarchie parce que la mécanique de la responsabilité dans les émissions s’est déréglée. Un cercle de «favorisés» s’offre une échappée dans la cime «altière» de la responsabilité et se détourne de l’intérêt général.

C’est là que le bât blesse ; car plusieurs de ceux qui se réclament prêcheurs de l’impartialité et dont l’apparition sur le devant de la scène médiatique sportive ne fut qu’un hasard désastreux, sont hors sol. Dans leurs propos biberonnés au fanatisme, il n’y a rien. Ils voient les choses selon leur passé sportif douteux, sans souci d’objectivité ni d’équité. Ils ne comprennent pas comment assumer un cap et une vision. Pis, ils sont tombés dans une pathologie obsidionale voyant des ennemis partout. Il est bon, alors, que «Dimanche sport» fasse un grand ménage intérieur, indispensable préalable à tout mouvement tournant, digne de la grande tactique réformatrice. Sachant que la réforme est affaire de mouvement. «Le grand art, disait Napoléon Bonaparte, c’est de changer pendant la bataille».

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