La Tunisie poursuit l’élimination des gaz qui détruisent la couche d’ozone

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La Tunisie a atteint une réduction de 70% de sa consommation d’hydrochlorofluorocarbones (HCFC) d’ici la fin de l’année 2025, par rapport au niveau de référence national établi à 725 tonnes. Ce résultat a permis d’éviter le rejet d’environ 917.670 tonnes équivalent dioxyde de carbone dans l’atmosphère. L’information a été communiquée par Youssef Hammami, coordinateur de l’Unité nationale de l’ozone au sein de l’Agence nationale pour la protection de l’environnement (ANPE), à l’occasion d’un séminaire organisé à Tunis. Cette rencontre a eu lieu en prélude à la Journée mondiale du froid, célébrée chaque 26 juin, et a bénéficié du soutien de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI).

Les hydrochlorofluorocarbones sont des gaz employés principalement dans les domaines de la réfrigération et de la climatisation. Leur usage, tant industriel que domestique, a été largement répandu pendant de nombreuses années. Cependant, ces composés chimiques sont reconnus pour leur nocivité envers la couche d’ozone et pour leur contribution à l’effet de serre. Par conséquent, leur élimination progressive constitue un engagement souscrit par la Tunisie dans le cadre du Protocole de Montréal, que le pays a rejoint en 1989, ainsi que de ses amendements ultérieurs, notamment le Protocole de Kigali adopté en 2016 et ratifié par Tunis en 2021.

M. Hammami a rappelé que, durant la période allant de 1989 à 2010, la Tunisie était déjà parvenue à supprimer totalement plusieurs substances appauvrissant la couche d’ozone. Parmi celles-ci figurent les chlorofluorocarbones (CFC), le bromure de méthyle utilisé notamment pour la fumigation des dattes, et les halons employés dans les systèmes d’extinction d’incendie. En 2014, les autorités tunisiennes ont adopté une stratégie nationale pour l’élimination progressive des HCFC, dont la mise en œuvre s’effectue par étapes avec l’appui de partenaires internationaux.

Selon les données des Nations Unies, après les deux premières phases du plan, déployées entre 2014 et 2026, la nouvelle phase couvrant la période 2026-2030 vise à éliminer complètement la consommation nationale de HCFC d’ici 2030. Ce programme intègre plusieurs actions, telles que la récupération, le recyclage et la régénération des fluides frigorigènes. En sus, il prévoit la formation des techniciens et des opérateurs du secteur du froid, le soutien aux centres de formation professionnelle et la réalisation de projets pilotes dans les secteurs de la pêche et de l’agroalimentaire.

La transition vers des technologies de refroidissement plus performantes et plus respectueuses du climat représente un enjeu de taille pour la Tunisie, tant sur le plan environnemental qu’économique. En effet, la demande en équipements de climatisation et de réfrigération est appelée à augmenter, sous l’effet conjugué de la hausse des températures et du développement des secteurs agroalimentaire, logistique et touristique. Pour les autorités tunisiennes, la réduction des HCFC constitue donc non seulement une réussite environnementale, mais également une avancée technologique. Cette évolution permet aux entreprises et aux services de se conformer aux normes internationales en vigueur dans les domaines du climat, de la protection de l’ozone et de l’efficacité énergétique.
MBY

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