Les droites scélérates

 

Par Khalil Zamiti

La disqualification des immigrés par Giorgia Méloni introduit la controverse et la chienlit même en Italie. Outre la dénonciation à coloration économique et démographique, les commentateurs subodorent chez la dirigeante un relent de racisme par définition nauséabond. L’implosion du chauvinisme impénitent confère aux droites européennes leur allure scélérate. Il ne s’agit pas d’un processus récent.

A droite, rien de nouveau. George Groddeck (1866-1934), assistant du médecin personnel de Bismarck avant d’ouvrir, en 1900, à Baden-Baden, son sanatorium personnel où il applique la médecine psychosomatique dont il fut le fondateur, écrit : «Le contact avec l’Orient efféminé pendant la guerre des Perses contribue beaucoup à la surprenante ascension des femmes». Et il ajoute : «La fraternité humaine est aussi innée chez la femme. Elle est de souche vulgaire, plus proche de l’esclave que de l’homme noble. Pour la femme, la pureté de la race n’est pas une loi contraignante». Une connivence unit le machisme au racisme.

Adolf Hitler, suicidé à Berlin en 1945, théoricien du nazisme dans Mein Kampf, mènera le racisme à sa modalité achevée. Ce grand-père spirituel de Méloni et de Marine Lepen transmet son influence à sa douce descendance qui rajoute son islamophobie quand rien ne ressemble plus à la foule drainée par le pape que celle réunie à la Mecque. Groddek, ce génial blanc-bec, n’est guère si désuni avec Méloni.

Face à ce charivari comment ne pas citer l’ouvrage de Boris von Orloff titré “Nitchevo” qui, en russe, veut dire “connerie”, pour s’en tenir au langage poli. Qualifier l’Orient tout entier d’efféminé associe la stupidité à une thèse erronée. Dans chaque hémisphère prospèrent des profils efféminés sans qu’il soit sensé de mentionner un pays, une région ou un continent où ne vivraient que des personnes dites efféminées. Au plan des célébrités, l’Hexagone aura eu Rimbaud, joie et peine de Verlaine. Groddeck étonne avec sa vision de l’Orient. De même, surpris et curieux, Montesquieur écrivait : «Comment peut-on être persan ?» Comment une population peut-elle être perçue telle une bête curieuse ? Quand des anthropologues mal avisés cherchèrent à promouvoir la notion de «personnalité de base» pour définir les traits communs aux agents sociaux d’un ensemble groupal, ils butèrent sur une difficulté rédhibitoire.

Car les disparités à l’intérieur d’un groupe excèdent celles qui existent entre groupes distincts. Depuis ce constat, la «personnalité de base», devenue obsolète, a partie liée avec la poubelle de l’histoire.

Déjà déployé chez Groddeck, le racisme délibère avec Trump. Pour le premier, l’Orient serait, dans sa totalité, bourré d’efféminés. Le second accuse les citoyens dont il convoite les territoires de bouffer des chats au point de les vouer à une disparition programmée.

D’Hitler à Trump et à Netanyahu, un pas suffit pour les voir assis, ensemble, sur le même cagibi. L’ethnocentrisme ne se jauge pas en degrés.

Il existe ou il n’existe pas. To be or not to be. Mais comment expliquer sa généralité ?

Certes, la valorisation de soi tend vers la dévalorisation d’autrui. Mais la tendance est faite pour être défaite et, dans ces conditions, l’ethnocentrisme ne saurait être confronté à une fatalité. Aux sources de la guerre israélo-américaine infligée à la nation iranienne, sévit un racisme apparenté au terrorisme, l’un et l’autre malaisés à maquiller.

Au vu du principal conflit, l’avenir du monde reviendra-t-il aux Brics ? Telle est la question à laquelle Trump répond par la négative. Téléguidé par l’entité sioniste et ses pions égrenés dans son entourage, il ne saurait divorcer d’avec sa dérive.

Assis, côte à côte avec Netanyahu sur un cagibi, après les bepers, les assassinats et la sale besogne génocidaire, les deux sinistres bandits songent à leur prochaine saloperie.

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