Le ton monte entre les instances locales du cap Bon. Le président du conseil local de Kélibia a adressé une correspondance officielle à son homologue de Hammam El Ghezaz, l’appelant à la fin de toute ingérence en dehors des limites territoriales réglementaires. Dans cette lettre dont une copie a été mise en ligne sur les réseaux sociaux, le président du conseil de Kélibia reproche ouvertement à un membre du conseil de Hammam El Ghezaz, Borhen Houria, ses interventions répétées et injustifiées dans les affaires internes de la délégation de Kélibia.
Le document révèle que cet élu avait pourtant déjà fait l’objet d’un avertissement préalable l’enjoignant à respecter les limites géographiques de son mandat. Malgré ce premier rappel à l’ordre, l’intéressé a persisté dans ses démarches. Selon le signataire de la correspondance , ces intrusions répétées nuisent gravement au bon déroulement du travail institutionnel, sèment la confusion parmi la population et décrédibilisent le statut des représentants légitimes de Kélibia. Le texte souligne d’ailleurs le risque d’envenimer les tensions locales au lieu de participer activement à la résolution des crises.
Pour justifier cette mise au point, l’accent est mis sur le cadre réglementaire strict régissant les conseils locaux, dont l’efficacité repose sur le respect absolu des découpages territoriaux et des prérogatives de chaque membre élu. Le président du conseil de Kélibia a fini par appeler le président du conseil de Hammam El Ghezaz à intervenir de toute urgence auprès de l’élu concerné pour le contraindre à se conformer exclusivement à sa zone de compétence, afin de préserver des relations de travail saines et de garantir le service de l’intérêt général.
Quand la bureaucratie des compétences éclipse l’urgence du terrain
Au-delà de la simple rigueur administrative, cet incident traduit un changement de paradigme inquiétant quant à la perception même du développement local ces derniers temps. Au lieu de concentrer les débats et l’énergie collective sur la manière de résoudre concrètement les problèmes quotidiens des citoyens, les discussions à Kélibia se focalisent désormais sur une question de pure forme : qui a le droit de s’exprimer et qui doit se taire ? Lorsque le respect strict d’une prétendue « spécialité territoriale » devient un prétexte pour étouffer les avis divergents, on ne protège pas les institutions. Au contraire, on les prive de l’élément le plus vital à toute action publique réussie, à savoir la critique constructive.