À l’occasion de la Journée de l’Europe célébrée ce mercredi 7 mai 2026 à Tunis, l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie, Giuseppe Perrone a mis en avant l’ampleur du partenariat tuniso-européen, qualifié de « stratégique », insistant sur la profondeur des liens économiques, institutionnels et sociétaux entre les deux parties.
Lors d’un point de presse organisé à Tunis, le diplomate européen a affirmé que l’activité de coopération de l’Union européenne en Tunisie couvre « une pluralité de secteurs », précisant que pas moins de 88 projets financés par l’UE sont actuellement en cours en Tunisie, pour un montant total de 1,34 milliard d’euros.
« Cela traduit l’ampleur de l’engagement de l’UE en Tunisie dans tous les secteurs », a déclaré l’ambassadeur, en soulignant que ce montant n’inclut pas les financements mobilisés par les banques européennes actives dans le pays.
Giuseppe Perrone a également insisté sur la nature « particulière » du partenariat entre Tunis et Bruxelles, qu’il distingue des relations entretenues avec d’autres partenaires internationaux. Selon lui, l’Union européenne ne se limite pas à une logique d’intérêts conjoncturels, mais s’inscrit dans « une vision partagée » avec la Tunisie.
« Nous sommes là pour mettre en œuvre, en coopération avec les autorités tunisiennes, le secteur privé, les institutions et la société civile, une vision commune », a-t-il expliqué, évoquant un accompagnement européen des efforts engagés par la Tunisie.
Le diplomate européen a, par ailleurs, estimé que ce partenariat dépasse le cadre des gouvernements successifs et des équilibres politiques du moment. « Cela concerne les sociétés, l’économie, les communautés culturelles et les intérêts stratégiques au sens large », a-t-il déclaré, mettant en avant « des liens profonds » entre les deux rives de la Méditerranée.
Sur le plan économique, il a révélé que le nombre d’entreprises européennes implantées en Tunisie a atteint 3 500 sociétés. Ces entreprises contribueraient, selon les chiffres avancés lors du point de presse, à la création de près de 480 000 emplois dans le pays.
Bruxelles nie toute « externalisation » des frontières européennes
Interpellé sur les accusations formulées par certaines ONG et observatoires, qui reprochent à l’Union européenne de vouloir transformer la Tunisie en « garde-frontière » de l’Europe dans le cadre de la gestion migratoire, le diplomate européen a rejeté cette lecture, défendant une approche « globale » de la coopération migratoire entre Tunis et Bruxelles.
Selon lui, la coopération engagée avec les autorités tunisiennes ne se limite pas au contrôle des frontières, mais englobe également la lutte contre les réseaux de trafic d’êtres humains, le soutien aux organisations internationales actives en Tunisie dans les domaines des retours volontaires et de la protection des réfugiés, ainsi que l’encouragement de la migration légale.
« Nous pensons que la migration est un phénomène positif en général, mais elle doit se faire dans un cadre légal et selon des règles précises », a-t-il déclaré.
Le responsable européen a également insisté sur le fait que l’Union européenne « ne force pas la Tunisie à faire quoi que ce soit », estimant que la lutte contre la migration irrégulière et les trafiquants répond d’abord à « un intérêt propre et stratégique de la Tunisie ».
Giuseppe Perrone a rappelé que les autorités tunisiennes ont, à plusieurs reprises, affiché leur volonté de ne pas faire du pays « une zone de transit ou de passage pour les trafiquants ». Selon lui, les intérêts tunisiens et européens « convergent » sur cette question.
L’ambassadeur a affirmé que l’objectif de cette coopération est de favoriser une migration organisée et légale, susceptible de contribuer au développement économique et social aussi bien de la Tunisie que de l’Union européenne.