Partenariats internationaux : Les dynamiques ascendantes de la gouvernance économique

L’observation des dynamiques économiques mises en œuvre par le gouvernement et l’analyse du projet de plan quinquennal 2026-2030 permettent de constater l’existence d’une phase ascendante en termes d’investissements et de partenariats internationaux.

Il se dégage d’ailleurs de plusieurs événements récents une nette impression de progrès dans la bonne direction. De même, plusieurs éléments positifs militent dans le sens d’une démarche réformiste qui, sans être spectaculaire, n’en donne pas moins des résultats appréciables.

Cinq exemples de partenariats
Dans cet esprit, cinq événements récents soulignent ces dynamiques de progrès et de diversification tout en démontrant la résilience de l’économie tunisienne ainsi que sa capacité à rebondir pour approcher l’objectif de croissance de 4,2% envisagé par le projet de plan quinquennal. Quels sont ces éléments qui, en se conjuguant, permettent de constater un parfum de reprise ? Quelles sont leurs lignes de force et pourquoi faut-il les aborder non pas en tant que faits isolés mais dans leur cohérence ? Car c’est bien forts de leur convergence que les cinq événements que nous mentionnons s’insèrent dans les dynamiques ascendantes que nous évoquons.

  1. L’élan économique tuniso-italien

À la fin juin, le Forum économique et d’affaires tuniso-italien a imprimé un nouvel élan à un partenariat déjà consistant. Avec une représentation politique de premier plan, ce forum a permis à 160 chefs d’entreprises italiens de découvrir le potentiel offert par la Tunisie dans plusieurs domaines. La coopération dans des domaines aussi diversifiés que l’automobile, la pharmacie ou l’intelligence artificielle devrait connaître un essor novateur alors que les assises des partenariats entre nos deux pays devraient être consolidées. Il est à noter que les dynamiques de partenariat économique ont connu des progrès avec de nombreux pays par le biais de forums et d’échanges de visites de missions économiques. Ces deux dernières années, nous avons par exemple pu observer la naissance d’un forum rassemblant les pays scandinaves et nordiques avec leurs partenaires présents et potentiels en Tunisie. Dans le même esprit, plusieurs missions économiques dans les deux sens se sont déroulées avec des chefs d’entreprise de Pologne, de Serbie ou encore de Roumanie.

  1. Le rôle du Tunisian Investment Forum

L’édition 2026 du Tunisian Investment Forum a une nouvelle fois souligné l’importance opérationnelle de ce type de structures agiles et évolutives. En effet, le TIF constitue un véritable observatoire des tendances en cours et un moment de synthèse qui permet d’orienter les investisseurs vers les secteurs les plus porteurs du moment.
Le TIF 2026 n’a pas dérogé à cette règle et a permis d’effectuer plusieurs ouvertures en direction des partenaires de la Tunisie. Le lancement d’une plate-forme pour les investisseurs au début du mois de juillet n’est pas la moindre de ces petites avancées qui harmonisent le climat des affaires. Le TIF a également permis de dessiner la feuille de route la plus propice aux investissements étrangers qui sont aujourd’hui de l’ordre de 1,3 milliard de dinars (chiffres du mois d’avril). D’ailleurs, le fait que 71% de ces investissements soient destinés à l’industrie suggère les tendances actuelles et invite à un soutien plus important pour le développement du secteur des services. Au final, le TIF confirme sa vocation à la fois de vigie, de think tank et de catalyseur.

  1. De nouvelles ambitions africaines

Travaillant à fluidifier et renforcer ses exportations vers la Chine, la Tunisie a accueilli un important rassemblement régional au cours duquel se sont dessinées de nouvelles ouvertures vers l’Afrique. En effet, la Tunisie affiche ses nouvelles ambitions de mieux et plus exporter vers les pays du Marché commun de l’Afrique orientale et australe ( COMESA ).
Déjà, le dernier TIF recommandait un déplacement vers l’Afrique, du curseur des exportations dont le centre de gravité est actuellement en Europe. Les chiffres sont d’ailleurs encourageants puisque les exportations tunisiennes vers les pays du COMESA ont bondi de 50% lors des six dernières années.  De plus, cette orientation africaine a connu lors des dernières années un début de redéploiement grâce à l’accueil en Tunisie de la Conférence de Tokyo pour le développement de l’Afrique ( TICAD ). 

  1. Embellie dans le secteur automobile

Il est tout aussi intéressant de constater les progrès et orientations dans certains secteurs comme par exemple celui de l’automobile. Ainsi, ces dernières semaines, sept conventions associant pouvoirs publics, industriels et partenaires internationaux viennent d’être signées avec à la clé, la création de 1.700 emplois.
Dans cette optique, la filière de l’automobile se projette dans l’avenir avec un objectif global de 150.000 emplois. Ce plan ambitieux est au diapason de plusieurs autres secteurs de l’économie qui, additionnés en termes d’emploi et d’investissements, renseignent sur les tendances actuelles de l’économie.

  1. De l’eau pour le Sud tunisien

Dans le domaine des infrastructures, la coopération entre la Tunisie et le Japon vient de donner le jour à un important projet structurant. Il s’agit de la centrale de dessalement de l’eau à Sfax qui vient d’être inaugurée. À terme, cette centrale devrait contribuer à améliorer l’approvisionnement en eau aussi bien autour de Sfax que dans plusieurs gouvernorats du Sud. Les projections indiquent que près de six millions de personnes bénéficieront de ce grand projet.

Un objectif de croissance de 4,2 %
Alors que plusieurs indicateurs économiques sont en train de progressivement passer au vert, le projet de plan quinquennal 2026-2030 donne plusieurs lignes directrices et mentionne de nombreux grands projets.
Ainsi, le gouvernement table, comme déjà mentionné, sur un objectif de croissance de 4,2% et comptera sur plusieurs facteurs dont, pour commencer, une saison agricole prometteuse et aussi une augmentation des entrées en devises. Elles étaient à la fin juin de l’ordre de 7,6 milliards de dinars, en progression par rapport à l’année écoulée.
Cet objectif de croissance tablera également sur de grands projets d’infrastructure à l’image des importants chantiers routiers actuellement à l’ordre du jour du projet de plan quinquennal. Citons par exemple l’autoroute Tunis-Jelma dont les travaux du premier tronçon ont connu un taux d’avancement de 34%. Citons également le raccordement de la ville du Kef au réseau autoroutier ou encore la réalisation du tronçon qui ira de la ville de Bousalem jusqu’à l’Algérie voisine.
De fait, ces grands projets devraient avoir un rôle important dans la réduction des disparités régionales. En ce sens, le projet de plan préconise aussi de ramener sous la barre des 15% le taux de pauvreté.
Ce qui importe le plus dans toutes ces observations n’est autre que leur cohérence globale. En effet, elles soulignent que la démarche générale du gouvernement retrouve sa cohésion et progresse par paliers. D’ailleurs, un récent conseil ministériel a fortement recommandé un suivi rigoureux de l’exécution des projets publics. À cela s’ajoute une dynamique ascendante tous azimuts dans la mobilisation des investissements.
Enfin, la gouvernance du développement se ressent positivement de cette profusion d’initiatives, de la multiplication des projets et de l’existence d’une feuille de route menant à la croissance économique et au progrès social. Et si seuls certains événements ayant eu lieu durant le mois de juin, ont été mentionnés, maints exemples aurait pu être évoqués et le travail des départements ministériels ou le rôle spécifique des agences spécialisées et du secteur bancaire, mis en avant. Car c’est bien l’ensemble des intervenants et la diversité des projets concrétisés qui suggère les fondamentaux d’une cohérence d’ensemble qui voit le jour par touches successives.

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